Peut-on fusiller les politiciens sans vraiment les fusiller ? Oui…

Dakarmidi – Au Sénégal les moeurs politiques sont d’une mobilité surprenante,et le rhétorique politique qui lui est subséquente, si protéine que dans cette période proche des élections présidentielles il a pris l’envergure d’un délire.Le président Sonko que l’on veut transformer en mouton noir et en nouveau Quasimodo est l’objet d’une diabolisation inadmissible et inquiétante au point que l’on se demande s’il n’y a pas d’autres opposants critiques et engagés dans la lutte pour le renversement électoral de Macky Sall.

Pourtant Mamadou Lamine Diallo fait une belle opposition,très constructive du reste,avec des sorties très savantes et très documentées dans une rhétorique peu amène dont la fugacité ne concède rien au système en place.Il n’est pas diabolisé et persécuté comme Sonko,la réponse est simple.L’aura et la réalité politique subversive de Sonko dont la massification de son parti et le crédit que les sénégalais de tous les âges vivant au Sénégal ou dans la diaspora qu’il cristallise font de lui l’opposant à détruire. Il est la nouvelle espérance du peuple à laquelle avait rêvée l’âme des ancêtres. C’est pourquoi son discours politique qui prend les allures d’un exorcisme par l’ampleur des révélations déclenche des envies de manducation anthropophagique qui transpirent abondamment dans les diatribes depuis que Sonko à commencer à cataloguer les permissivités du système.Il est devenu la bête immonde à abattre qui se dresse sur le chemin de la marche forcée de Macky Sall vers un deuxième mandat presqu’impossible.

Seulement que les envies et les appels au meurtre soient réfrénés,cela vaudra mieux pour nous tous,car ce pays est habité seulement par ses fils qui n’ont pas de pays de rechange pour la grande majorité.Aussi que l’on ne cherche pas à mettre la main dans le fondement du lion,en écartant ou en réprimant à tort tous ceux qui sont déterminés jusqu’au sacrifice ultime à assumer leur ambition de dégager le système,car le peuple qui a placé ses espoirs sur ces candidats la n’est pas un principe ou une métaphore.Il surprendra,et si l’on y prenne pas garde en pensant que jusque là il a avalé toutes les couleuvres sans grabuge.

Le dernier assaut de cette pitoyable campagne de diabolisation s’accroche mordicus à ce que certains appellent “le dérapage de Sonko”.Dérapage,il ny en a jamais eu ,car dire que les politiciens sont des criminels et qu’ils méritent la potence n’est pas une hérésie.Souleymane Ndéné Ndiaye un transhumant indécrottable disait que les transhumants devaient être fusillés.Qui avait crié haro sur le baudet?Chers criticailleurs, Sonko est dans la communication politique.Ses propos doivent être contextualisés et compris comme éléments de langage trouvant leur justification dans le débat politique actuel opposant politiciens traditionnels composés par les entrants au pouvoir, certains sortants à ceux qui n’ont jamais été associés à la gestion du pouvoir.

Tous les aboyeurs qui se sont jetés à leurs plumes en interprétant sans tenir compte du contexte ont tout faux.Chaque propos pour être compris a besoin d’être placé dans le contexte de sa situation d’énonciation qui elle-même est tributaire des circonstances spatio-temporelles , sans laquelle aucun énoncé ne peut valablement être interprété.Ensuite le langage a une dimension symbolique implicite à laquelle les habitués de l’analyse discursive ou textuelle accèdent par une interprétation pertinente.Et sous ce rapport toutes les lectures ne sont pas permises,certaines sont suggérées,d’autres indiquées,certaines interdites.Donc interpréter des propos ne nous permet pas de dire n’importe quoi,sauf si on en fait une lecture tendancieuse.Vous restez dans la diabolisation improductive caractéristique des huîtres qui adhèrent et qui sont incapables de décoller.La aussi je suis dans la métaphore.

Sonko ne fait pas un appel au meurtre des politiciens,il est dans l’expression hyperbolique d’une tare plus que cinquantenaire qui a mis du plomb dans l’aile du Sénégal,l’empêchant de se mettre sur une bonne trajectoire.Quand on mesure les conséquences de cette apartheid et des différents secteurs impactés dont le système est responsable,on se dit que les politiciens qui sont au coeur de cet échec sont comme des criminels,et s’ils le sont tout le monde sait ce que la loi prévoit.Certaines dispositions prévoient la peine de mort,d’autres la perpétuité,les travaux forcés et le bannissement éternel.

Que fallait i-l comprendre alors, si nous sortons du juridisme interprétatif de mauvais aloi et oeillères allégué par ceux là, qui dorment et se réveillent dans la stigmatisation sonkophobe?Que les politiciens affameurs du peuple ont fait leur temps,et le moment de leur bannissement ou de leur renvoi définitivement à l’arrière cour de la gestion des res publica est arrivé.Ils doivent être exclus des prochains choix politiques,que les sénégalais doivent faire confiance à ceux qui n’ont jamais été associés à la gestion du pays et qui présentent des projets ambitieux pour le Sénégal.

Enfin qu’une vraie reddition des comptes se fasse,que les détourneurs et voleurs de comptes publics soient traduits en justice et jugés pour que l’impunité cesse dans ce pays.Oser pour une fois essayer autre chose.C’est cela considérer les politiciens comme des criminels bons pour la potence.En substance voilà ce que nous devons comprendre de la violence verbale dans laquelle s’est exprimé le patriote en chef qui répudie le double langage caractéristique des politiciens pilleurs des deniers publics.

Alioune SECK

La rédaction