Penser sa mort, pour donner du sens à la vie et nous éviter de piétiner celle des autres !!!

Chroniques du MIDI

Dakarmidi- L’actualité au Sénégal, c’est la mort, elle rythme désormais notre quotidien et quand elle fait irruption dans la vie, elle renvoie aussi chacun à sa propre fin. Cette condition mortelle, si on l’accepte, peut être porteuse de sens. Néanmoins si elle se fait dans des conditions inhumaines, franchement elle inspire dégouts et désolations.

Ailleurs, la mort n’est pas à chaque coin de rue. Pourtant, à plusieurs reprises ces derniers jours elle s’est imposée à nous d’une manière brutale, et surtout avec une proximité que beaucoup auraient pensée impossible. La prêcheuse Sokhna Zeynab Fall de la DTV, Mariama Sagna responsable politique du Mouvement Pastef d’Ousmane Sonko et Cheikhou Sakho, le chef du bureau des Douanes de l’Aéroport international Blaise Diagne retrouvé mort dans sa voiture à Keur Massar pour ne citer que ceux là sont partis à jamais dans des conditions vraiment difficiles à expliquer.

Je me demande si nous avons un atome d’humanité pour ne pas virer à certains atrocités, voire identiques des comportements indignes d’un sénégalais.

Bien que contre la mort, il n’y a point de médecine, néanmoins les conditions dans lesquels ces êtres chers ont quitté ce bas-monde laisse à desirer.

L’émotion fut au rendez vous quand on annonça la mort de Sokhna Zeynab Fall, une femme exemplaire, une prêcheuse douée et serviteur de son peuple dans le sentier de la droiture et des bonnes oeuvres. Née le 12 juillet 1980 à Colobane. Son père (qu’Allah lui fasse miséricorde) était chauffeur et sa mère (qu’Allah lui accorde longue vie) est couturière.

Elle commença l’apprentissage du Saint Coran à l’âge de 5 ans avec son defunt père. A l’âge de 7 ans, elle intègre l’institut Chamsoudine où elle a décroché des diplômes comme : Le Certificat de Fin d’Etudes Elémentaires (CFEE) en Arabe, Le Brevet de Fin d’Etudes Moyennes (BFEM) en Arabe. Le Baccalauréat en Arabe. Après son bac, elle a enchaîné avec une formation en Charia islamique. A l’âge de 18 ans, elle commença à animer de petites conférences islamiques.

En 1998, sous la demande de Cheikh Tidiane BITEYE, elle intègre la Radio Dounya comme animatrice religieuse. Actuellement elle anime l’émission « Jotaayou Jigën gni » tous les mercredis à partir de 21h 00min (à la Radio), « Ëttou jigën gni » tous les lundis et Mercredis (à la Radio), « Jokko », et « Hayaatou Sahabiyaate » tous les vendredi à la DTV du groupe EXCAF.

Elle anime aussi des conférences religieuses un peu partout sur le territoire national, si le temps le lui permet.

Nombreux ont été les témoignages à son endroit mais quand Dieu l’homme perd. Que son âme repose en paix et que sa vie serve de leçon à nous jeunes d’une génération gagnée par la déviance et les pertes de valeurs.

De l’autre coté de la vie  chez les philosophes c’est des interrogations interpellant tout homme avec un argument d’appui :

La mort livre-t-elle la clé de la vie et de son sens ? Comment notre compréhension de la mort influe-t-elle en retour sur la manière dont nous menons nos vies, sur l’idée que nous nous faisons d’une vie vraiment humaine ?

L’argument  est celui-ci :

La référence à la mort comme moment de vérité ouvrant sur la perspective d’un salut, traverse l’histoire philosophique et religieuse : une fois passé de l’autre côté, les voiles tomberont et chacun se retrouvera face à ses juges, c’est-à-dire d’abord face à lui-même. L’enjeu premier de l’immortalité concerne donc bien cette vie-ci. Dès lors, vivre, vaquer à ses affaires, sans jamais songer à l’éventualité de sa propre fin, n’est-ce pas la pire inconscience ? N’est-ce pas folie, comme le dit Pascal, de se divertir par tous les moyens tandis qu’on se laisse mollement conduire jusqu’à la tombe ?

Quel écho une telle vision est-elle susceptible de trouver chez nous aujourd’hui ? Certains se reconnaissent naturellement dans le postulat de l’existence d’un au-delà et de la survie de l’âme, en y associant diverses doctrines du salut : c’est affaire d’éducation ou de conviction intime – plus rarement d’argumentation rationnelle. Parallèlement, la science affronte avec ses propres ressources la délicate question de la définition des frontières de la vie et de la mort, en même temps qu’elle étudie, par exemple, les expériences de « mort imminente » afin de mieux cerner le phénomène même de la conscience. Dans ce contexte à la fois riche et complexe, des philosophes, des psychanalystes, des médecins, des écrivains, reviennent sur la nécessité vitale d’un rapport personnel à la mort qui ne se réduise pas nécessairement à la donnée biologique – redoutée, refoulée – d’un délai inexorable.

Last but not least Lisez avec moi ces lignes du Philosophe – Poète Ibou Dramé Sylla du département de philosophie de l’UCAD dans sa pensée ambigüe sur la mort qui est l’objet de notre chronique d’aujourd’hui et invitant de passage les hommes à y cogiter davantage :  » L’homme est un charmant mortel. Sa vie est des plus précaires en cette terre. Dominant la nature, il est souvent le plus exposé aux assauts de celle-ci. Oui, les animaux ont pris le pari d’être et de vivre tels qu’ils sont. En conformité avec les lois de la nature.
Et le paradoxe de notre époque réside dans le fait qu’avec les victoires capitales que semble nous assurer la technoscience, la mort gagne en force l’empire humain.
A chaque réveil, une partie de notre être s’effrite avec la mort de l’autre, du compagnon, de l’ami, du confident, de l’aimé ou du parent (sous l’axe ascendant ou sous celui descendant).
Je frémis en étant un élément du cortège funèbre qui rend à la terre ce qui lui appartient : le corps.
Oui, je pense à ma propre fin, car beaucoup de ceux que j’aime sont partis.
Il y a quelque chose de terrible à se représenter sa propre mort dans le silence de la nuit et du cœur. Chaque pas nous en rapproche inexorablement.
Parlant de l’âme et de sa haute perfection devant ce qui la loge, Bossuet note dans son Sermon sur la mort et la brièveté de la vie : « L’accident ne peut pas être plus noble que la substance ; ni l’accessoire plus considérable que le principal ; ni le bâtiment plus solide que le fonds sur lequel il est élevé ».
N’oublions jamais nos disparus dans nos prières et méditations, dans nos joies et peines, dans nos fureurs et lucidités. Et si nous avons le temps, passons au cimetière pour être proche de ce qui nous rappelle notre ultime destination. Oui, je refuse de considérer le corps comme un pur rien. Le corps a logé l’âme qui, en tant que substance, a une fois, au moins, été à son service. Ce corps par lequel j’entre en communication avec autrui par le regard, la voix, les chaleureuses poignées de mains et des accolades ne saurait être banni. Ainsi, devrions-nous prendre conscience de sa place en notre vie et de son destin dans le tombeau.
Puisse l’heure du dernier instant en cette terre me trouver dans les dispositions d’aimer mes semblables et de servir mon Seigneur. Que mon tombeau soit souvent visité avec des prières par mes connaissances, mes amis, parents. Et le genre humain. »

L’intérêt est d’inviter encore une fois le peuple sénégalais à l’unité, à la fraternité et à l’amour, nous sommes fils d’un du peuple, la haine et la méchanceté ne réglera jamais rien

 Si tu as des frères et des sœurs, que rien n’altère jamais la paix entre vous ni l’affection que vous vous devez mutuellement. Vous êtes sortis des mêmes entrailles et le même lait vous a nourris. Est-il un lien plus fort et plus sacré que celui-là ? Fais-en sorte que les années le resserrent toujours davantage. Notre sentier sur la terre est difficile et rude, pour y marcher avec assurance, pour n’y point trébucher à chaque pas, appuyez-vous les uns sur les autres. 
Citation de Félicité Robert de Lamennais ; Le livre du peuple (1838)

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