Mme Croquette (Soleil) : « Je n’ai mandaté personne pour une demande de clémenceLa réintégration est une chose mais le préjudice matériel et moral subi en est une autre. »

On croyait l’affaire Mme Croquette close avec la réconciliation entre Yaxam Mbaye et les syndicalistes, suivie de la réintégration de Fatou Ly Sall. Mais il n’en est rien. Cette fois-ci, c’est l’ex-employée du Soleil qui brise le silence pour préciser qu’elle n’a mandaté personne pour demander clémence à sa faveur. Elle dit d’ailleurs n’avoir pas besoin de clémence, puisque n’ayant commis aucune faute.
 
Mme Croquette affirme qu’elle n’a reçu, à ce jour, aucune lettre lui notifiant sa réintégration. Elle se dit même offusquée d’avoir appris cette réintégration par les médias.
 
S’estimant humiliée à nouveau par ce procédé, elle promet de porter le combat devant la justice d’abord pour sa dignité et son honorabilité, mais aussi pour celles des autres travailleurs du quotidien national « Le Soleil ».
 
Voici l’intégralité de sa réponse :
Un courrier du Directeur Général du Soleil diffusé sur les sites d’informations durant le week-end évoque une information qui me choque et indigne beaucoup mes proches. Je cite : « votre demande de clémence à l’endroit de l’agent Mme Fatou Ly Sall m’oblige … », la lecture que j’en fais m’incite à dire que, pour des raisons qui lui sont propres, le Directeur Général se cherche une sortie honorable de crise à une situation qu’il a librement générée.
Et qu’aujourd’hui je ne pense pas qu’il devrait s’abonner à la course vers l’honorabilité mais plutôt à la raison, à l’esprit de la défense citoyenne qui doit tous nous animer.
Ainsi et pour cette raison ci, l’opinion publique attendait de vous, Yakham MBAYE une autre démarche que celle rendue publique.
Tout en remerciant tous ceux qui m’ont témoigné leur solidarité, je voudrais porter à la connaissance de l’opinion publique que, à aucun moment, je n’ai mandaté personne pour une quelconque médiation encore moins une demande de clémence. Aujourd’hui, le seul combat qui vaille à mes yeux est celui de la dignité et de l’honorabilité qui doivent être préservées chez toute personne, fusse-t-elle soumise aux contraintes de la vie en entreprise.
Je n’ai pas besoin de demander clémence et je ne l’ai jamais demandée car je n’ai commis aucune faute ce qui rend mon licenciement totalement abusif.
Par contre, j’attendais tout simplement, après tant d’humiliations subies depuis 2 ans, des excuses sincères.
Et à ma grande surprise en tant que première intéressée, j’apprends par les réseaux sociaux et en même temps que tout le monde que j’allais être réintégrée.
Si cela n’est pas une humiliation de plus …Qu’est-ce que c’est ?
La réintégration est une chose mais le préjudice matériel et moral subi en est une autre.
Puisque vous conditionniez d’ailleurs toute renonciation à une décision de justice, sachez donc Monsieur Mbaye qu’il reviendra à la Justice de dire le droit. Ce combat, je le porte pour moi-même et pour tous les travailleurs qui ont pleinement droit au respect de leur dignité, de leur honneur.
Je n’ai, à ce jour, reçu aucun courrier officiel de mon ex-employeur annulant mon licenciement et me demandant de réintégrer mon poste de travail. En tout état de cause, mon licenciement a déjà été acté depuis près de deux mois, ce qui m’a causé et continue de me causer un réel préjudice matériel et moral.
Après 10 ans au service du Soleil et exempte de tout reproche, la seule récompense qui m’est offerte aujourd’hui, c’est un licenciement abusif qui n’est fondé sur aucun motif professionnel et un droit à un congédiement qui a défrayé la chronique, bafoué mon honneur ainsi que ma dignité. Jamais, je n’ai subi autant de mépris et d’injustice.
En lieu et place de légitimes excuses, j’ai droit à une énième tentative d’humiliation à travers une prétendue demande de clémence que je n’ai jamais formulée.