Mahammed Boun Abdallah Dionne – Habib Thiam : deux PM, un jour – un destin…

Dakarmidi – « La loyauté est le bien le plus sacré du cœur humain »  Sénèque

Dakarmidi – Habib Thiam que le Sénégal aura indéniablement reconnu comme l’ami fidèle d’Abdou Diouf, a dit dans son livre « j’étais fidèle à la tâche que m’avait confié mon ami Abdou, je n’ai pas cherché à le plaire durant tout l’exercice de la fonction, mais à servir dignement mon pays jusqu’à mon dernier souffle. Je n’avais pas d’ambition autre que de voir Abdou réussir sa mission. J’avais soudé ma carrière à la sienne. Et il était certain que la mienne n’allait prendre fin que le jour où la sienne allait finir »

Ce passage résume la fidélité et la loyauté qui caractérisent Habib Thiam. Il était pour Diouf plus qu’un simple collaborateur, mais un miroir dans lequel devaient s’étaler toutes ses œuvres.  Il était dévoué à la tâche, par sa démarche fine et transparente, il avait fini de montrer à tout le monde que la fonction de premier ministre répondait à des exigences calquées sur la loyauté, la constance  et l’allégeance sans quoi, une dualité au sommet de l’Etat serait inévitable. Et Dieu sait qu’on en a connu.

Mr Thiam maitrisait toute la panoplie de vœux de son ami, ses faits et gestes, ses humeurs entre autres, à tel enseigne qu’il se substituait à lui de manière fréquente mais officieuse. Il a ainsi pu gérer avec tact et intelligence les dossiers que lui confiait Abdou Diouf, qui finalement lui vouait une confiance aveugle, du fait de l’usure du temps qui n’a pas pu, fort heureusement, malmener leurs qualités d’hommes sincères et loyaux.

Ces mêmes dossiers, il les diligentait avec ceux qui devaient y intervenir dans les différents services  de l’Etat et jamais personne fut-il ministre de la République n’a osé défier son autorité au risque certain de s’attirer la colère de Diouf. Ce dernier aussi était en quelque sorte, le protecteur d’Habib Thiam et vice versa.
Somme toute, Habib Thiam n’avait aucune autre ambition, que de servir son chef et ami de président, il ne s’attendait à rien et donnait toute son énergie et tout son temps pour la réussite d’Abdou Diouf. Ainsi, il aura été l’ami fidèle et l’un des plus illustres collaborateurs de Diouf, doué d’une grande faculté morale fondée sur le culte du travail bien accompli.

Et l’histoire se répéta ! Elle qui n’admet que la répétition. En 2012, Macky Sall est porté à la tête du pays, Il a essayé deux premiers ministres qui n’ont malheureusement pas pu satisfaire  ses attentes, au contraire, ils ont été à l’origine de beaucoup de règlement de comptes, « sans sagesse aucune , ni tolérance, au bout du compte, ils étaient devenus très encombrants, vues les ambitions que leurs proches ont bien voulu leur faire croire, qui avaient fini par leur monter la tête, la suite, est dans la rue publique loin de la République!

Pour les sénégalais, en se séparant d’eux, Macky Sall avait pris la bonne décision, car le moment de faire émerger le pays avait sonné,  et devait se faire avec le profil idéal. Un homme de la trempe d’Habib Thiam devait être chargé de cette tâche.  Mouhamed Boun Abdalah était cet homme que préparait le Président depuis des années, dans le mystère des « dieux tourbillons ».

Il savait qu’il lui fallait un « Baye Fall » rompu aux tâches bien accomplies, un philosophe rempli de sagesse, prêt à recevoir des coups et qui n’en donne pas. Celui-là, il fallait qu’il soit un homme de grandeur calme et serein, qui impressionne de par sa modestie, qui travaille dans la lucidité et la générosité et non dans le sens de creuser un fossé entre le Président et le peuple qui l’a élu.

Il fallait aussi à Macky Sall un homme qui a la tête sur les épaules, loin de tout comportement farfelu et indifférent au bien matériel. Il lui fallait un homme tolérant et modéré en tout, poli et respectueux des principes de la République. Il lui fallait un technocrate, qui maîtrise les dossiers d’Etat avec aisance, il lui fallait un homme fidèle,  loyal, dévoué, il lui fallait enfin, lui qui est la synthèse de Diouf et de Wade, un Habib Thiam tout court!

Dionne est sans aucun doute, le profil idéal lui qui préfère  « être le diable en personne » crié et décrié partout que de voir son président être distrait pour des futilités.  Bien qu’avare en parole, il n’hésite cependant pas à aller à l’hémicycle répondre au nom du gouvernement et du président de la République aux interpellations des députés alors que chaque ministre pouvait le faire pour son département. Il a, la jovialité des grands hommes et sa particularité reste son éducation dont le soubassement est fixé sur une grande humilité.

Fraichement nommé, On se rappelle encore, il avait inscrit l’action de son gouvernement dans le sceau « du Travail »  dissolvant ses ambitions dans la vision de Macky Sall. Depuis qu’il est là le Sénégal sur le plan économique multiplie les performances, retrouve sa place sur le plan diplomatique et solutionne mieux les problèmes des citoyens….

Dire que ce dernier sait bien choisir ses intimes n’est point une hérésie, comme disait Georges Washington :  » Soyez polis envers tous, mais intimes avec peu, et choisissez les avant de leur faire confiance ». Certainement la qualité première chez un géologue c’est son flair, nous n’en diront pas plus…..

La Rédaction