Lettre d’un disciple à son maître ( Par Oumar Guèye)

Dakarmidi-  À mon Professeur Dr. Babacar Diop
J’ai appris avec tristesse votre arrestation puis votre mandat de dépôt…

J’ai cherché les raisons de cela parce que se trouvant dans une localité où l’accès à l’information est extrêmement difficile. Il m’a été rapporté que vous marchiez pour le peuple. Que vous dénonciez la hausse de l’électricité. Que vous exerciez ce droit que la constitution vous a donné. Que n’avez fait que suivre les pas de Socrate. Philosophe de votre état, il devient un devoir de dire non..Il devient un devoir de se lever contre toute injustice. Il devient un devoir d’appeler à la révolution quand l’action devient injuste…
Vous serez entrain de dialoguer au fond de ta cellule avec les grands hommes. Vous venez, aujourd’hui, de rejoindre le camp des grands hommes. Vous prendrez vos repas avec les grands hommes. Il y a des noms qui sonne comme la révolution. Et le tien en est un. Du lycée Malick de Thiès à l’Université Cheikh Anta Diop, vous vous êtes toujours levé et dit non à l’injuste. Pour le philosophe que vous êtes, votre liberté n’aurait eu aucun sens face à l’oppression de ton peuple…Vous n’interprêterez pas le monde mais vous le changer…

Monsieur Dr. Babacar Diop, vous inspirez la confiance et le respect…

Votre séjour carcéral sera la première étape de votre mission. Vous ne serez plus comme les autres. Votre vie est désormais offerte à cette nation qui vous a tout donné. Aucune honte ne se liera à ce mandat dépôt car vous n’avez rien volé, ni menti, ni calomnié, ni détourné mais justement c’est là où se trouve ton délit…Dans un pays où l’injustice est érigée en dogme, les justes deviennent injustes et leur place devient la prison, l’exil ou la mort…

Mon cher Professeur, nous savons que vous employerez toute votre énérgie pour que le feu sacrée de liberté ne s’éteigne parce que cela a toujours été votre combat pour la jeunesse…
Et Quand Socrate viendra partager avec vous votre repas De ce jour, vous lui dirait que le Sénégal n’est pas loin de cette Grèce qui l’a condamné…

Je souhaite que Dieu vous donne la force d’endurer de la belle endurance cette épreuve…Et qu’il lui plaise de dilater votre poitrine afin que les souffrances et la douleur ne vous font point vaciller…
Respect Mon cher Professeur…