Dakarmidi – Il est 21h sur 7TV. Un ministre transpire, un député bafouille, un leader d’opinion cherche ses mots. En face, Maimouna Ndour Faye ne cille pas. Micro en main, dossier maîtrisé, elle pose LA question. Celle qu’on évite, celle qui fâche, celle qui révèle. Directrice Générale de 7TV et visage de « L’invité de MNF », elle a imposé un style rare : le refus de la complaisance. Dans un pays où le débat politique vire souvent au théâtre d’amis, elle a ramené la confrontation. Pas l’agressivité. La confrontation des faits. Ses interviews sont préparées, sourcées, tranchantes. Elle n’interrompt pas pour briller. Elle relance pour comprendre.
Être femme, diriger une chaîne, et tenir tête aux puissants, ce n’est pas un détail à Dakar. C’est un acte. Un acte qui a un prix. En février 2024, l’agression dont elle a été victime à son domicile a glacé la profession. On peut débattre de sa ligne, critiquer ses angles, contester son ton. Mais toucher à son intégrité, c’est toucher à la liberté de la presse elle-même. Pour toutes ces raisons, il faut saluer son courage et reconnaître son apport. Dans une époque où l’info se dilue dans le buzz, elle rappelle que le journalisme est un service public. Qu’il exige du travail, de la colonne vertébrale et du respect pour le public.
Que sa voix continue de porter, que son école fasse des émules, et que nul n’oublie : une démocratie sans journalistes qui dérangent est une démocratie qui dort. Intellectuellement formée, professionnellement aguerrie, elle se positionne comme une égérie dans le paysage médiatique sénégalais. Ni vindicative ni impétueuse, elle est le porte-étendard d’une presse qui lutte contre les tentatives de musellement, d’où qu’elles viennent. Sa rigueur professionnelle, sa dignité, son sens de l’honneur, son allant et son alacrité sont quelques-uns des attributs de sa personnalité rayonnante.
Qu’elle trouve à travers cette chronique l’expression de mes pensées affectueuses et confraternelles.
Doyen Majib Sène
