Dakarmidi – Le 16 juin 2026, Abdoul Madjid Guèye est nommé Premier Président de la Cour des Comptes. Pour beaucoup, c’est une nomination de plus. Pour ceux qui le connaissent, c’est l’histoire d’un homme patient, droit et tenace qui arrive enfin à la place qu’il mérite. Si on devait le résumer en un mot, ce serait « intègre ». Pendant près de 40 ans au service de l’État, il n’a jamais fait de bruit. Grand officier de l’Ordre du mérite, il a choisi la rigueur, la discrétion et le travail bien fait. C’est un magistrat qui croit que l’argent public n’appartient à personne, et à tout le monde à la fois. Cette boussole morale, il l’a gardée de son passage dans les ministères de l’Énergie et du Développement rural jusqu’à aujourd’hui. Abdoul Madjid Guèye n’est pas juste un contrôleur. C’est un bâtisseur. Quand il était Secrétaire général de la Cour de 2006 à 2014, il ne s’est pas contenté de gérer le quotidien. Il a pensé l’avenir : plan stratégique, informatique, textes fondateurs. Il a formé, modernisé, transmis.
L’APS parle d’un « expert financier de haut rang », mais ses équipes se souviendront surtout de sa capacité à expliquer, à faire comprendre, à faire grandir. Son secret ? L’endurance. Il est entré à la Cour en 1999. Il a vu passer les réformes, les crises, les gouvernements. Conseiller référendaire, Secrétaire général pendant 8 ans, Président de la Chambre des Entreprises publiques… Il a tout connu. Et il est resté debout. Sans se plaindre, sans raccourci.
Aujourd’hui, en prenant la tête de la Cour des Comptes, Abdoul Madjid Guèye ne commence pas une carrière. Il couronne un sacerdoce. Une carrière où chaque contrôle, chaque rapport, chaque réforme était une brique posée pour le Sénégal de demain ; car au fond, diriger la Cour des Comptes, ce n’est pas traquer la faute. C’est protéger l’avenir. Et pour protéger l’avenir, il faut des hommes d’hier, d’aujourd’hui et de toujours. Des hommes comme lui.
Doyen Majib Sène
