Dakarmidi – Parce qu’aimer son peuple, c’est d’abord lui dire la vérité. L’enfant qui n’a jamais quitté ses rues. La Médina ne se raconte pas, elle se vit. Et Bamba Fall l’a vécue avant de la diriger. Il est né ici, entre les tacots de la rue 14, les cris du marché Kermel et les voix du soir à la mosquée. Il a grandi avec les mêmes galères, les mêmes rêves, les mêmes « y’a Allah » que tout le monde. C’est ça son premier capital politique: la légitimité du vécu. On ne dirige pas la Médina de loin. Bamba Fall le sait. Alors il marche, il salue, il écoute. Il est là. Un langage de vérité, teinté d’amour. A Dakar, beaucoup parlent pour convaincre. Bamba Fall parle pour dire vrai, même quand la vérité fait mal, surtout quand elle fait mal. Devant les jeunes, il ne vend pas d’illusions. Il dit: « Le travail est dur, mais la dignité est à ce prix ». Devant les femmes, il ne promet pas des châteaux. Il dit: « Je n’ai pas tout, mais ce que j’ai, c’est pour vous ».
C’est ce langage brut, sincère, fraternel qui a gagné les cœurs. Les vaillantes populations de la Médina n’aiment pas la langue de bois. Elles aiment l’homme qui les regarde dans les yeux. Bamba Fall est cet homme-là. Son amour pour eux n’est pas un slogan de campagne, c’est une posture de tous les jours. La spiritualité comme boussole. Quand les moyens de la commune atteignent leurs limites, Bamba Fall change de registre. Il élève le débat. Il parle d’ »ay sa bari », de « kersa », de « jom ». Il rappelle les valeurs qui ont bâti la Médina: l’entraide, la patience, la foi. Dans ses discours, la politique rejoint la spiritualité. Pas pour faire du prêche, mais pour rappeler que gouverner, c’est aussi prendre soin des âmes.
Que le développement sans repères, c’est un corps sans tête. Les anciens le comprennent, les jeunes l’entendent. Parce que dans la Médina, le temporel et le spirituel ont toujours marché ensemble. Veiller comme la prunelle de ses yeux. Gérer une commune populaire avec des moyens limités est un exercice d’équilibriste. Bamba Fall l’a choisi. Chaque demande, chaque doléance, il la prend au sérieux. Pas parce qu’il peut tout régler demain, mais parce que chaque administré mérite d’être entendu aujourd’hui. Il veille, il arbitre, il priorise. L’assainissement avant le folklore, l’école avant le faste, la santé avant l’image.
Ce n’est pas spectaculaire, c’est solide. Et dans la durée, c’est ce qui compte. Les gens de la Médina le savent: avec lui, rien ne se perd. Chaque franc, chaque effort est pensé pour le bien commun. Le maire qui dérange pour réveiller. Bamba Fall dérange parce qu’il refuse les codes. Il interpelle, il critique, il alerte. Pas par plaisir du clash, mais par devoir de vérité. Il a payé le prix de cette franchise. Mais la Médina lui rend au centuple une confiance rare, viscérale. Parce qu’ici, on respecte plus l’homme qui dit « non » en te regardant que celui qui dit « oui » en te tournant le dos. Conclusion: un héritage en marche. Bamba Fall ne laisse pas juste des réalisations, il laisse une méthode: la proximité, la vérité, la foi en son peuple.
Tant que la Médina aura des fils comme lui, elle ne sera jamais orpheline. Tant qu’il y aura des maires qui veillent comme sur la prunelle de leurs yeux, l’espoir restera debout. La Médina ne l’a pas choisi par défaut, elle l’a choisi par essence. Parce qu’en lui, elle s’est reconnue. Bamba Fall: l’enfant de la Médina, devenu le père vigilant de la Médina.
Doyen Majib Sène
