Dakarmidi – Dans le paysage politique sénégalais, certaines figures s’imposent moins par le bruit que par la constance. Aïssatou Sophie Gladima en fait partie. Géologue de formation, ingénieure, enseignante-chercheuse et maire de Joal-Fadiouth, elle porte en elle l’empreinte de sa communauté : le travail, la dignité, le sens du collectif.
Arcboutée aux valeurs de Téranga et de probité qui fondent Joal-Fadiouth, elle n’a jamais renié ses racines. C’est cette boussole qui l’a guidée au sommet de l’État. Du 7 septembre 2017 au 28 octobre 2020, elle a dirigé le ministère des Mines et de la Géologie. Puis, du 1er novembre 2020 au 10 octobre 2023, elle a pris les rênes du ministère du Pétrole et des Énergies. Deux portefeuilles techniques, stratégiques, souvent masculins. Elle y est entrée avec la science de la roche et la passion du service public.
Pleine d’allant et d’alacrité, elle a mis son savoir-faire au service de la patrie : structurer le secteur extractif, préparer l’entrée du Sénégal dans l’ère pétrolière et gazière, et défendre une exploitation au bénéfice des populations.
Résiliente. Le mot la suit aujourd’hui. Traînée devant la Haute Cour de Justice dans un dossier lié à la gestion de fonds Covid, placée puis libérée sous bracelet, elle affronte l’épreuve la tête haute, sans renoncer à sa voix. Sophie Gladima n’est pas qu’une ancienne ministre. Elle est une égérie. Celle des jeunes filles de Joal-Fadiouth qui veulent faire des sciences. Celle des femmes qui refusent de choisir entre compétence et ancrage.
Au-delà des tempêtes judiciaires, l’histoire retiendra une femme remarquable : intelligente, enracinée, obstinée. Une servante de la République qui a choisi de mettre son talent au service du Sénégal. Et qui, même dans l’adversité, continue d’incarner cette idée simple et puissante : servir, avec cœur et avec science.
Doyen Majib Sène
