Les boutiquiers détaillants crachent sur le décret interdisant la vente de pain dans les boutiques

Les boutiquiers détaillants disent niet au décret interdisant la vente de pain et produits dérivés de la farine, ils affichent leur refus. Un refus réitéré face à la presse ce lundi à Thiès.
 
« Le gouvernement du Sénégal avait interdit la vente de médicaments dans les boutiques. Nous avons arrêté la vente parce qu’on sait que notre santé est prioritaire. Il est revenu pour interdire la vente des sachets ; nous avons également accepté d’arrêter la vente puisque cela a un impact sur notre environnement. Maintenant, le gouvernement veut qu’on arrête la vente du pain plus précisément tout ce qui est en rapport avec la farine. Nous sommes des Sénégalais ; nous avons des familles ; le président de la République ne peut pas créer des emplois et par ailleurs augmenter le nombre de chômeurs», explique Mamadou Amadou Dème, coordonnateur de l’association des boutiquiers détaillants du Sénégal (Abds).
 
Selon l’Abds, la décision est impopulaire car il n’y a eu aucune concertation en amont. Par conséquent, ces commerçants demandent aux autorités de revenir sur le décret. « Nous demandons au ministre de revenir sur la décision ; nous sommes des citoyens comme tout le monde. Nous interpellons le président de la République. Nous pensons qu’il faut mettre en avant des discussions avant toute mesure», exige Aliou Ba, président de l’association nationale des boutiquiers détaillants du Sénégal.
 
Aliou Ba et ses camarades rassurent toutefois, quant aux conditions d’hygiène dans les boutiques. Ils justifient leur attachement aux conditions sanitaires par le fait qu’en plus des commerçants, ils sont des consommateurs comme tous les autres Sénégalais. « Peut-être avez-vous un regard autre que la réalité à l’endroit des boutiquiers, mais Dieu sait que nous sommes soucieux de la santé des consommateurs. Il faut que vous sachiez que  nous sommes là pour changer l’image que l’on se fait des boutiques détaillants ; nous respectons nos clients et nous savons que c’est un devoir de les protéger. Nous sommes des commerçants, en même temps des consommateurs   ».