Le procureur du Qatar sous les feux de la traque des biens mal acquis

Dakarmidi – Le procureur général du Qatar, le même qui était venu chercher Karim Meissa Wade de prison le jour de son élargissement par grâce présidentielle, est sous les feux de la rampe en France et en Suisse. Régulièrement à Dakar (sa dernière visite a eu lieu en pleine campagne électorale des candidats à la présidentielle du 24 février dernier), Ali Bin Fetais Al-Marri, personnage central de la libération du fils de l’ancien président du Sénégal alors condamné dans le cadre de la traque des biens mal acquis, est pointé du doigt dans ces deux pays européens pour… une richesse démesurée. Déjà propriétaire d’un hôtel particulier à Paris, il se fait construire un palais en Suisse, selon nos confrères du quotidien suisse « 24 heures ».

La traque des biens mal acquis n’est pourtant pas un concept qu’il a découvert au Sénégal. Bien au contraire. Âgé de 54 ans, le chef du parquet qatari depuis près d’une vingtaine d’années est même un des gendarmes du monde dans la lutte anti-corruption et contre les biens mal acquis en sa qualité de président de l’Association internationale des autorités anti-corruption (IAACA), lui qui est également à la tête du « Rule of Law and Anti-Corruption Center » (ROLACC, centre international anti-corruption basé à Genève) et encore représentant spécial auprès des Nations unies sur les questions des « biens mal acquis ».

Ce profil d’Ali Bin Fetais Al-Marri n’a pourtant pas empêcher de faire naître des doutes sur sa fortune qu’il n’est pas sensé avoir. Selon le quotidien suisse « 24 heures », il a notamment pu s’offrir, en 2013, un hôtel particulier de trois étages avenue d’Iéna à Paris pour 9,6 millions d’euros (environ 6,32 milliards F CFA). Et cela ne serait pas le seul bijou au doigt de celui que le quotidien français Le Point considère comme « l’un des principaux intermédiaires entre Paris et Doha » et dessine sous les traits d’une « personnalité connue et appréciée en France. »

En effet, il lui est également prêté par nos confrères français, l’acquisition d’une demeure dans la commune chic de Cologny, sur les bords du lac Léman, toujours en Suisse, pour la rondelette somme d’environ 4,5 milliards F CFA. Mais ce n’est pas que ça. Si l’on en croit nos confrères, une autre bâtisse aux allures de palais royal est en construction dans la même zone, baignée par le lac. « Piscine intérieure bordée d’arcades mauresques, grands salons à la française, porche à colonnades et profonds garages abritant limousines et voitures de sport », la presse suisse, reprise par Le Point, est restée impressionnée par le goût du luxe du procureur Ali Bin Fetais Al-Marri qui s’est également payé, en 2015, une propriété route de Ferney, au Grand-Saconnex, dans le canton de Genève, pour 3,690 millions de francs suisses, soit environ 2,19 milliards F CFA. Cette propriété, acquise en 2015 via la société GSG Immobilier SA à Genève, abrite justement les locaux du ROLACC, le centre international anti-corruption qu’il dirige.

Du 2 au 4 juin 2015, après l’une de ses fréquentes visites au Sénégal, le Procureur général du Qatar, Ali Bin Fetais Al-Marri avait présidé une conférence ministérielle sur le renforcement de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption en Afrique. A l’initiative des gouvernements du Sénégal et du Qatar et en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), cette conférence avait notamment enregistré la participation de 16 ministres africains de la Justice des pays de la sous-région (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sierra Leone, Tchad, Togo et Sénégal) ainsi que des dirigeants d’institutions internationales, d’experts du Pnud, et représentants d’Organisations de la société civile et d’Ong.

Avec Emedia