L’affaire du décret 2020-964 ou la République qui déshonore ( Par Ngouda Mboup)

Le 14 mai 2020, à travers les réseaux sociaux, nous avons pris connaissance d’un décret n°2020-964 en date du 17 avril 2020. Au regard du contexte et des avantages discutables qu’il confère, nous ne pouvions pas manquer d’apprécier l’authenticité du décret, qui, pourtant, comportait tous les éléments et mentions d’un décret authentique et, par ricochet, portait une signature présentée comme celle du Président de la République Macky SALL.

Le doute s’est encore installé, lorsqu’un communiqué attribué à la cellule de communication de la présidence de la République, jamais démenti jusqu’ici, informe le public sur le caractère « faux du décret ». Ce communiqué, quoique habile, n’était pas très convaincant pour plusieurs raisons. D’abord, il n’a pas été signé et comportait des contradictions. Ensuite, son authenticité n’a pas été démenti ni par le pôle communication de la présidence encore moins par le secrétariat général du Gouvernement. Enfin, l’absence de référence à d’éventuelles poursuites pénales contre les présumés auteurs, pour imitation de la signature du Président de la République et contrefaçon des symboles de la République, pouvait permettre de douter de sa rigueur.

Tandis que sur les réseaux sociaux se déroulaient les débats sur l’authenticité du décret 2020-964, l’on pouvait sentir que l’enjeu dépassait largement le seul résultat du vrai ou du faux.

A force d’avancer dans notre quête de la vérité, nous convenions dans notre intime conviction, que, très certainement, la cellule de communication de la présidence de la République reculerait devant le gouffre. Tel ne fut pas le cas. Bien au contraire, ils nous ont, de nouveau, tous dupés. Et, sans même prendre la peine de masquer leur volonté par des mensonges accessibles à toute personne de bonne foi, ces personnes n’ont pas seulement jeté le discrédit sur leur crédibilité. Ils ont également, et c’est là bien plus grave, rendu impossible pour les citoyens sénégalais toute croyance éventuelle en une République exemplaire et en un État de droit démocratique.