L’AFFAIRE DE L’INTERDICTION DU PORT DU VOILE À SAINTE JEANNE D’ARC EN EXERGUE

Dakarmidi- Les quotidiens font état de de positions « de plus en plus tranchées » dans l’affaire née de la décision du collège Sainte Jeanne d’Arc d’interdire à ses pensionnaires le port du voile islamique au sein de l’établissement, sujet le plus en exergue dans la livraison de mercredi de la presse quotidienne.

« Dans cette affaire, les positions sont de plus en plus tranchées, alors que l’Etat tarde à arbitrer », constate le quotidien Enquête dont la manchette est également sans équivoque de cette analyse : « Le voile s’épaissit ».

« L’interdiction du port du voile à l’institution Sainte Jeanne d’Arc de Dakar continue d’alimenter la polémique. Le ministère de l’Education nationale a ouvert le dialogue. La direction de l’établissement campe sur sa décision et reçoit le soutien de l’UNAPECS », l’Union nationale des associations des parents d’élèves de l’enseignement privé catholique, écrit Enquête.
Si cette dernière « prend fait et cause » pour l’institution Sainte Jeanne d’Arc, le khalife général des tidjanes, Serigne Mbaye Sy, lui « fustige » plutôt l’établissement et « interpelle les parlementaires », selon Enquête.
L’Observateur note avec plusieurs autres quotidiens que le khalife général des tidjanes « demande la fermeture de Sainte Jeanne d’Arc » dont il assimile la décision de la direction « à un manque de respect et plaide pour la fermeture de l’établissement si, toutefois, il est impossible de leur faire entendre raison ».
« Même si sa réaction semble jeter de l’huile sur le feu, Serigne Mansour Sy l’assume pleinement et laisse libre les commentaires », souligne L’Observateur. « Réaction musclée du khalife des tidianes », renchérit Vox Populi, citant Serigne Mbaye Sy à sa Une : « Que ces écoles qui posent ces genres d’actes soient fermées. Jusqu’ici, le peuple dort. Quand il se réveillera, ce ne sera pas bon pour eux ».
Le journal Le Quotidien ajoute que le khalife général des tidjanes « appelle les autorités, notamment les députés, à faire valoir leur rôle de représentants du peuple en exigeant à cet institut de respecter la laïcité ou qu’il ferme ses portes au Sénégal ».
Autre élément à rapporter à ce débat, Kritik signale que la présidente de l’association des parents d’élèves de l’institution Sainte Jeanne d’Arc, Véronique Darosa Sèye, a démissionné, faisant valoir que les religieuses de Sainte Jeanne d’Arc « ont traité cette affaire (d’interdiction du voile) sans état d’âme ».
« Le voile de la discorde », affiche ainsi Sud Quotidien, pour notamment évoquer une polémique « loin de connaître son épilogue. Au contraire ! », alors même que le ministre de l’Education nationale Mamadou Talla a pris contact avec la direction de l’institution Sainte-Jeanne d’Arc « pour une solution de sortie de crise (…) ».
A ce sujet, le quotidien L’As annonce la tenue ce mercredi d’une rencontre entre le ministre de tutelle et les responsables de Sainte Jeanne d’Arc, « rencontre de la dernière chance », selon le journal. « Ça passe ou ça casse », écrit le journal.
Walfquotidien s’intéresse à d’autres sujets, citant « tensions de trésorerie, hausse des prix, déficit bloqué, LFR 2, …), avant d’afficher : « Les germes d’un ajustement structurel ». « Après avoir retoqué les prévisions de croissance du Sénégal de 0,6%, le FMI a bloqué le déficit du pays, l’obligeant à limiter les projections budgétaires », avance le journal.
« Pis, écrit Walfquotidien, il lui demande une deuxième Loi de finances rectificative (LFR) qui est en cours de rédaction, des économies de 250 milliards et une vérité des prix avant tout nouveau programme avec le pays. Des exigences qui n’augurent rien de bon pour les populations et qui fleurent bon un ajustement structurel, en mode fast-tract ».
Le Soleil, enfin, traite de sujets liés à la santé à sa Une. « De nouveaux objectifs fixés aux districts », en matière de qualité des soins de santé et de gestion des ressources humaines, annonce le journal avec en appui la photo du ministre de tutelle Abdoulaye Diouf Sarr en première page, entouré de personnels sanitaires.