Journée mondiale de lutte contre le sida : Qu’est-ce que le sida ?

Dakarmidi- « Dans nos sociétés africaines, fortement attachées aux traditions, l’ignorance et les tabous constituent des obstacles à la lutte contre le Sida », disait L’ambassadrice de bonne volonté Coumba Gawlo Seck à propos de la lutte contre le Sida.

Ainsi en  ce 1er Décembre, journée mondiale de lutte contre le Sida nous proposons à travers cette chronique des informations liées à la maladie pour aider la population à mieux connaître et se prévenir, car  même si une grande partie des médecins et chercheurs disent qu’on ne peut pas guérir une infection à VIH, mais on peut bien la traiter de manière à ne pas développer le sida. Il est important d’identifier d’éventuels symptômes après une situation à risque et de demander conseil. Un traitement commencé à temps permet de renforcer le système immunitaire et d’améliorer la santé.

Qu’est-ce que le sida?

Le sida ou syndrome d’immunodéficience acquise (en anglais Aids, Acquired Immunodeficiency Syndrome) est la conséquence tardive d’une infection par le VIH (virus d’immunodéficience humaine). En cas de déficience du système immunitaire, les capacités de défense de l’organisme face aux agents pathogènes sont amoindries. A un stade avancé, l’immunodéficience peut conduire au développement de maladies graves, puis entraîner la mort. L’infection à VIH est incurable. Si l’on a contracté le virus, il est important de faire des contrôles médicaux réguliers afin de ne pas rater le moment adéquat pour commencer le traitement. Le VIH se traite à l’aide de médicaments antirétroviraux qui doivent être pris systématiquement chaque jour, et vraisemblablement la vie durant.

Quelles sont les moyens de prévention de la transmission du VIH qui ont fait leurs preuves? 1

Transmission sexuelle

Des études ont démontré que la manière la plus efficace de prévenir le VIH consiste à adopter une approche globale, intégrale et sensible à la culture et au contexte.  Parmi les moyens possibles de prévention du VIH, se trouvent :

  • L’abstinence : s’abstenir de tout rapport sexuel (vaginal, anal, oral) et/ou retarder le début de l’activité sexuelle; c’est là un moyen efficace à 100% pour prévenir les infections transmissibles sexuellement.
  • La fidélité mutuelle entre partenaires qui savent (à la suite d’un test de dépistage) qu’ils ne sont pas atteints du VIH: c’est là un moyen efficace à 100% pour prévenir les infections transmissibles sexuellement.
  • L’utilisation correcte et systématique de préservatifs (masculins et féminins) : crée une barrière à la transmission du virus entre partenaires sexuels; réduit le risque de transmission de 80-90%.
  • Les microbicides :  gel ou crème pouvant être appliqué localement dans le vagin et qui agit contre le virus; malheureusement aucun microbicide sûr et efficace n’est actuellement disponible et des études sont encore en cours pour mettre au point un tel produit.
  • Circoncision masculine : la procédure consiste à exciser le prépuce qui entoure le gland du pénis; on dit qu’elle réduit d’environ 60% le risque d’infection par le VIH.  La circoncision masculine ne prévient pas la transmission du VIH, elle ne fait que réduire le risque. Si les hommes, qu’ils soient circoncis ou non, ne modifient pas leurs comportements à haut risque, la transmission continuera tant chez les hommes circoncis que chez les hommes non circoncis.

N.B.: La « circoncision » féminine, également connue sous le nom de mutilation génitale féminine, accroît le risque d’infection par le VIH chez les femmes et les filles.

Réduction des méfaits

La réduction des méfaits désigne les services et approches qui visent à minimiser les méfaits de la consommation de drogues et à prévenir la transmission du VIH sans approuver ni interdire l’usage continu de drogues.  Une approche de réduction des méfaits pourrait comprendre :

  • Des programmes d’échange d’aiguilles permettant aux consommateurs de drogues d’échanger des aiguilles et des seringues usagées contre des aiguilles et des seringues neuves et propres.
  • Des cliniques de réhabilitation offrant des services de conseil et des traitements de désintoxication.
  • Des programmes de proximité visant à rejoindre les consommateurs de drogues injectables et leur fournir du matériel propre, des préservatifs et des informations.

Des études sur des programmes de réduction des méfaits qui ont fait chuter considérablement la prévalence du VIH chez les consommateurs de drogues injectables. La réussite de la réduction des méfaits repose sur un environnement politique, législatif et social qui contribue à minimiser la vulnérabilité des consommateurs de drogues injectables.  La réduction des méfaits pour les consommateurs de drogues injectables vise principalement à les aider à éviter les conséquences néfastes de  l’injection de drogues et à améliorer leur état de santé et leur condition sociale.  À cette fin, les approches de réduction des méfaits reconnaissent que pour plusieurs consommateurs de drogues injectables, l’abstinence de toute substance psychotrope n’est pas possible à court terme et visent à aider les consommateurs de drogues à réduire la fréquence des injections et en améliorer la sécurité.  Les éléments ci-dessus mentionnés peuvent contribuer à réduire considérablement les comportements individuels à risque.

Approvisionnement en sang propre

Il faut s’assurer que tout le sang destiné à des transfusions a été soumis à un processus de contrôle. Dans la plupart des pays, des mesures ont été mises en place pour réduire le risque au minimum, mais dans certaines régions des pays en voie de développement, il a été plus difficile d’assurer les services, le personnel et les fonds nécessaires au contrôle de tout le sang collecté.

Protocole de sécurité à l’intention des intervenants en santé

Des précautions universelles sont recommandées par l’Organisation mondiale de la santé pour protéger les intervenants en santé et leurs patients des infections transmissibles par voie sanguine.  Celles-ci consistent notamment à se laver les mains avec de l’eau et du savon avant toute procédure, désinfecter les instruments, porter des vêtements protecteurs, utiliser du matériel d’injection jetable,  manipuler le linge sale avec soin et se défaire des aiguilles contaminées.

Éducation

Une éducation qui aide les gens à faire des choix éclairés

  • Éducation sexuelle : contrairement aux craintes souvent exprimées, de nombreuses études ont démontré que l’éducation sexuelle ne contribue pas à accroître l’activité sexuelle. Elle contribue plutôt à retarder la première relation sexuelle des jeunes et les amènent à mieux se protéger.
  • Programmes de lutte contre la dépendance et sensibilisation à la toxicomanie/l’alcoolisme : la consommation et l’abus de substances réduit la capacité mentale de faire des choix sains. La dépendance augmente les chances d’avoir des rapports sexuels en échange de drogue ou d’alcool.  Les programmes de lutte contre la dépendance, tels que les programmes en douze étapes, aident les gens à guérir de leur dépendance et à réduire les comportements à risque qui  s’y rattachent.

Traitement

Traitement antirétroviral : des médicaments élaborés pour freiner la progression du VIH à différentes phases de son développement peuvent réduire la charge virale des patients ainsi que le risque de transmission du virus.

Le traitement précoce des infections transmissibles sexuellement est nécessaire pour réduire le risque de transmission ou d’acquisition du VIH.  Prophylaxie post-exposition : en cas de blessure (par exemple une piqûre accidentelle avec une aiguille contaminée) ou de viol, certaines données indiquent que l’administration immédiate d’une combinaison de médicaments anti-VIH peut réduire le risque de transmission.

Prophylaxie post- exposition (PPE) :

La prophylaxie post-exposition (PPE) est une intervention médicale d’urgence pouvant servir à protéger les personnes exposées au VIH par un accident au travail ou les femmes qui ont été violées.  La PPE comprend l’administration de médicaments antirétroviraux, des tests de laboratoire et une aide psychologique.  Une PPE devrait idéalement commencer dans un délai de 2 à 24 heures (et au plus tard de 48 à 72 heures) à compter de l’exposition possible au VIH et se poursuivre pendant environ quatre semaines.  Bien qu’il n’ait pas été prouvé de façon concluante que la PPE contribue à prévenir la transmission d’une infection par le VIH, des études laissent entendre que le fait de prendre les médicaments peu de temps après l’exposition possible peut avoir des effets salutaires.  Au-delà de 48 à 72 heures, les bienfaits sont probablement minimes (ou nuls) et le risque d’intolérance ainsi que les effets secondaires associés aux traitements antirétroviraux l’emportent sur les bienfaits potentiels en matière de prévention.

La PPE est généralement utilisée en milieu de travail, par exemple dans les cas où des intervenants en santé sont exposés ; toutefois, son utilisation s’étend actuellement à d’autres milieux, par exemple des camps de réfugiés où elle sert à traiter les personnes ayant survécu à une agression sexuelle et à un viol.

1Les méthodes ayant « fait leurs preuves » sont celles qui ont été évaluées scientifiquement.

(Source: Janssen – E-alliance )