Jammeh « bunckérise » l’aéroport de Banjul, comment la CEDEAO compte faire retourner Barrow en Gambie et l’installer au pouvoir ce jeudi 19?

Dakarmidi – L’heure est grave, jamais le Sénégal n’a été aussi proche d’une guerre, qu’il tente à tout prix d’éviter. Même si l’entêtement de Jammeh qui a atteint des proportions insoupçonnées, l’en prive. L’homme fort de Kanilai a, en effet l’intention, œillères aux yeux, de passer par le couloir obligé, qu’empruntent tous les dictateurs du monde, une fin tragique, une chute terrible, la cour pénale internationale ou la mort.

Voilà, les uniques options qui leurs sont offertes. Jammeh est loin d’être un homme averti, comment peut-on avoir une amnistie votée par le parlement d’un pays aussi prestigieux que le Nigéria et ne pas s’y accrocher, alors que dans la souvenance des plus récentes, ses exactions et exécutions sont encore fraîches dans les mémoires? Mais comme qui sème le vent récolte la tempête, Jammeh ne peut plus échapper à ce que lui préparent la CEDEAO, la France et l’Angleterre. Aucun calcul mathématique ni stratégique, encore moins un arsenal militaire, ne pourront le sauver.

Nous allons vers un jeudi mouvementé dans cette partie occidentale de l’Afrique, un coin jusque-là stable, hormis les petits caprices du Mfdc. Certains chefs d’Etat préconisent de passer ce jeudi à Dakar pour rallier la Gambie en compagnie d’Adama Barrow, le nouveau Président élu de ce petit pays niché dans le territoire sénégalais. Pour sa part, le président Condé Alpha de la Guinée Conakry connu pour son amitié sincère avec le président gambien déchu, poursuit les manœuvres pour amener Jammeh à entendre raison et à avoir de meilleurs sentiments, avec comme axe principal, son départ du pouvoir.

La stratégie militaire que veut déployer la CEDEAO est jusque-là méconnue du grand public, méconnue même des cercles les plus restreints de nos chefs d’Etat. Et pourtant les chefs des armées des pays de la sous-région, les services de renseignement et ceux du contre-espionnage, se connectent régulièrement pour harmoniser leur force face à l’assaut final. Une chose est claire, rien ni personne ne pourront épargner Jammeh et son clan .

Il sait lui-même qu’il file droit vers une fin tragique, mais en mauvais commandant, il ne veut pas céder le gouvernail à son successeur, celui que l’essentiel des passagers du bateau, « Gambie » a choisi pour les conduire à bon port. Kaolack comme les autres frontières qui donnent sur la Gambie sont envahies par les populations gambiennes, qui fuient une probable guerre dans leur pays, mais qui oublient aussi que là, où ils se réfugient sera le coeur malheureusement de cette confrontation que pourrait incessamment livrer la CEDEAO à Jammeh.

La Rédaction