Edito du lundi : Le Chant des cygnes

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Cet adage résume bien la victoire à la Pyrrhus de Benno Bokk Yaakaar (Bby) aux élections législatives du 30 juillet dernier. La coalition au pouvoir avait tablé sur 60%. Mais, elle s’est retrouvée au finish avec 49% des voix.

Ces résultats analysés à la loupe ne rassurent guère le Président Macky Sall dont la légitimité populaire a pris du plomb dans l’ail. A moins de deux ans du renouvellement de son mandat, il ne fait plus rêver la majorité des sénégalais qui l’ont pourtant élu en 2012 avec le score très respectable de 65%.

Au regard de ce pourcentage qui s’est beaucoup effrité entre le référendum de 2016 (63%) et les législatives de 2017 (49%), la descente aux enfers se poursuit pour le Président.

2019, va-t-il sonner le glas de son regime? En tout cas, le temps joue désormais contre lui. Mais en fin stratège politique et disciple de Machiavel, il lui faudra esquiver puis juguler les tirs groupés d’une opposition vindicative qui a repris du poil de la bête sous l’ombre tutélaire du Pape du Sopi.

Celle-ci qui est désormais au milieu du guet ne lachera pas prise. Elle le tiendra en respect jusqu’à la prochaine élection présidentielle.

La fin justifie les moyens. Macky Sall n’a pas d’autres alternatifs ou échappatoires que de faire sienne cette pensée philosophique où l’usage subtile de tous les moyens sont bon pour atteindre son but, advienne que pourra.

Mais cette stratégie mise en branle dans le contexte actuel peut lui être fatale à cause des velléités dictatoriales qui caractérisent son régime depuis son accession au pouvoir: justice aux ordre, restrictions des libertés collectives, frontispice de la République par terre…

Dans ce duel à mort sur fond d’équilibre de la terreur, Macky Sall apparaît désespérément dans ce décor, sous les traits ubuesques d’un géant aux pieds d’argile dont la rupture psychologique avec son peuple est le signe précurseur d’une chute inévitable.

Par Siaka NDONG