Dr Alioune Mbacké sur la Covid-19 : «L’immunité collective s’est installée à Touba»

Dakarmidi  – Faisant une analyse de l’état de la pandémie de Covid-19 au Sénégal, le médecin-chef adjoint du district sanitaire de Richard-Toll, Dr Alioune Mbacké, spécialiste en santé publique, est convaincu que «l’immunité collective s’est rapidement installée à Touba». Dans une contribution transmise à Seneweb, il estime que «le Magal aurait même cet effet positif dans la riposte contre ce virus». 

 
 «La ville sainte de Touba a eu la particularité d’aller directement dans le sens d’une immunité collective, en se concentrant sur les prières, comme l’a recommandé le khalife, mais aussi en continuant leurs activités économiques. Ce qui explique pourquoi, à Touba, nous avons toujours eu très peu de cas de décès dus à la Covid-19, parce que l’immunité collective s’y est rapidement installée, avec aussi les prières du khalife», a notamment souligné le spécialiste en renforcement des systèmes de santé et politiques de lutte contre les maladies infectieuses. 
 
 «C’est pour cela, explique le médecin, il serait même pertinent que la stratégie de Touba soit appliquée dans d’autres zones. Aujourd’hui, il est clair qu’avec l’immunité collective, il serait aisé d’émettre l’hypothèse selon laquelle les populations de Touba ont une meilleure immunité face à ce virus, donc des anticorps dirigés contre ce virus. Et le contact avec des personnes venant d’autres horizons permettrait même à ces dernières d’acquérir de meilleurs anticorps capables de résister contre la Covid-19, juste en étant en contact avec les populations de Touba. D’où l’explication sur le plan purement technique que le Magal aurait même cet effet positif dans la riposte contre ce virus».
 
 Pour étayer ses propos, il ajoute : «Les Sénégalais qui vivent depuis plusieurs années en Occident, quand ils arrivent en vacances au bled, au pays, ont des maux de ventre atroces et des diarrhées, quand ils consomment l’eau de robinet, contrairement à nous qui avons l’habitude et qui le buvons sans aucun souci. Mais eux, au fil des semaines, ils arrivent à le boire et, en fin de compte, n’ont plus de problème.» 
 
 «Baisse des cas de décès» 
 
 Selon toujours le spécialiste en santé publique, c’est la même chose avec ce virus. «Il était nouveau, donc notre organisme gérait mal cela. Mais, au fil du temps, l’organisme s’habitue et arrive à bien s’en protéger. En fin de compte, le virus est en train d’être réduit à sa plus simple expression».
 
 Toujours dans sa réflexion, il dit, par ailleurs, avoir observé, depuis quelque temps, une deuxième vague partout dans le monde en post-confinement, pour les pays qui l’avaient adopté. «Pour les pays africains, le virus a toujours été là, car pas vraiment de confinement qui a été fait, et une augmentation du nombre de cas suite à l’augmentation du nombre de tests», a fait constater notre interlocuteur. 
 
 «Mais, s’est-il réjoui, si on observe bien tous ces phénomènes, on remarque également une baisse des cas de décès partout dans le monde, malgré la deuxième vague qui sévit actuellement en Europe, en Amérique, mais aussi en Chine. Cette même baisse des cas de décès est également observée en Afrique et donc au Sénégal». 
 
 A en croire le Dr Alioune Mbacké, «l’hypothèse la plus tangible à émettre, devant cette situation, c’est que le virus est en train de perdre sa virulence au fil du temps et donc une immunité collective est en train de s’installer».