Dos au mur, Cissé Lo “fou”, au pied du mur

Dakarmidi  – Le plus grand mal qu’on pouvait souhaiter à l’Alliance pour la République (APR) aurait été d’éviter de croiser le fer avec Moustapha Cissé Lo, tonitruant député, auréolé à juste titre d’un insigne emblème de membre fondateur du parti au pouvoir. Un parti au pouvoir avec les moyens du pouvoir aurait mieux réussi à gérer ce cas interne pour résoudre autrement le conflit qui oppose un ” actionnaire du parti” à ses camarades Farba Ngom et Yakham Mbaye qui, non loin du statut d’aperistes de l’excès, présentent des symptômes d’arrivistes opportunistes qui font apparemment pire que les fous du roi.
Et justement, le Président Macky Sall ne devrait pas avoir besoin de ce type de militants qui, au prétexte de l’expression d’une loyauté au mentor s’autorisent le langage du canon et de la bombe verbale, flinguant le pauvre qui dit avoir trop subi et entendu que d’énormitès sur sa peau.
Face à un Cissé Lo connu pour sa fougue et son verbe à conjuguer l’injure à tout vent, proférant des menaces de toutes sortes, on s’attendait à avoir l’opposition intelligente et stratégique de ses adversaires. Ici, l’intelligence aurait été de calquer au contexte si sensible où le tintarre politique agace le quotidien de Sénégalais embrouillé par un horizon des incertitudes énigmatiques. A ce contexte déjà stressant, ajouté à une atmosphère de crise sanitaire avec son concert de tirs groupés sur le régime, ce cocktail fait de béton et de tessons dessert un pouvoir qui gagnerait à faire moins d’échos défavorables à son image.
Tout comme le patron et leader Macky Sall aurait mieux à prendre comme initiative la réconciliation plutôt que l’exclusion de Moustapha Cissé Lo de l’APR. L’homme n’est pas un commun des militants. Il est membre fondateur, pas n’importe lequel de ce parti né dans la douleur d’un contexte de braise générée par la guerre menée en 2008 par le président Abdoulaye Wade, son régime et les moyens du pouvoir contre le président chassé de l’assemblée, Macy Sall d’alors, un homme à abattre, mais qui a miraculeusement survécu à l’assaut des régiments du PDS.
Un banal coup d’œil jeté dans le var ou le rétroviseur ne cautionne pas un enterrement et/ou une exclusion d’un vaillant combattant d’hier, compagnon difficile à gérer, frère d’armes du Chef de l’Etat, cheval El Pistelero a réussi à extirper son frère des griffes des tigres libéraux qui juraient d’avoir l’enfant du Sine à bout portant.
Ne pas réussir la gestion d’un mal aussi nécessaire dans un
parti au pouvoir, donne raison au peuple, aux analystes et autres observateurs le droit de s’inquiéter à juste raison.
Est-il vrai que l’APR ne sonne plus Cissé Lo dans le coin des consciences collectives ? Si c’est vrai, c’est Macky Sall qui perd là un ami, un frère inconditionnel. Pire, c’est le parti au pouvoir qui perd aussi une voix audible, indispensable à une perception de force inhérente à la gestion des hommes peu ordinaires mais bons pour l’impression d’une puissance réelle à faire feu pour installer la peur dans le camp de l’adversaire.
Tél un fou au pied du mur, Cissé Lo aujourd’hui est dos au mur. Naturellement, il va jeter dans la guerre toutes ses munitions, même les plus mesquines comme la calomnie et des injures salées pour survivre à son exclusion. C’est justement à la guerre comme à la guerre. Réflex de survie oblige.
Ce n’est pas encore la fin du feuilleton. La guerre Apr/ Cissé Lo, aura lieu sous sa forme la plus désolante. Et nous en sommes au début du commencement.

Par Bacary NDIAYE journaliste chroniqueur

Teral24