COVID-19 : l’augmentation des cas ’’inquiète grandement’’ le professeur Seydi

Le professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Fann, a fait part de sa ‘’grande inquiétude’’ relativement à l’augmentation du nombre de contamination au coronavirus au Sénégal, redoutant notamment un ‘’risque de catastrophe’’ si la situation n’évolue pas favorablement.

‘’On doit s’inquiéter grandement de l’augmentation des cas. Ne pas s’inquiéter serait de l’inconscience absolue. On doit s’inquiéter parce que la situation est inquiétante. Tant que le nombre de cas est limité il n’y a pas d’inquiétude. Je le répète, plus le nombre augmente, plus la catastrophe risque d’arriver’’, a-t-il averti lors d’une interview diffusée vendredi dans la soirée sur la chaine de télévision publique (RTS).

Quatorze nouvelles contaminations au coronavirus ont été confirmées vendredi, portant à 119 le nombre de cas déclarés positifs au Sénégal depuis le 2 mars, alors que Onze patients ont été déclarés guéris, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale.

‘’Dieu merci on n’a pas encore de décès mais par ce qu’on est toujours dans un nombre peut être pas encore explosif. Il ne faut pas regarder cette situation et dire qu’il n’y aura pas de décès. Si ce nombre augmente ce sera la catastrophe’’, a insisté le professeur Seydi.

Il a évoqué un risque d’augmentation importante du nombre de cas par le biais de la transmission communautaire.

‘’Il faut tout faire pour que ces cas-là n’augmentent pas. C’est à la population maintenant de prendre cette responsabilité en ayant à l’esprit ce qui se passe ailleurs. Tous les pays qui ont tergiversé pour prendre des mesures l’ont payé extrêmement cher’’, a fait valoir le médecin.

‘’Nous devons nous inquiéter des cas détectés dans la communauté et qui n’ont aucun lien avec un cas connu. Il faut toujours identifier les contacts. Le combat ne pourra pas être gagné sans une bonne prise en charge de ces contacts’’, a-t-il encore dit.

Le chef du service des maladies infectieuses et tropicales du centre hospitalier national et universitaire de Fann a rappelé l’importance de mettre en quarantaine pendant au moins 14 jours les cas contacts tout en faisant à intervalles réguliers des tests afin de laisser rentrer chez eux ceux n’ayant pas développé des symptômes de la maladie à coronavirus.

‘’Que pourrions-nous faire si des milliers de malades déferlent dans les hôpitaux ?’’, s’est-il ensuite demandé, insistant sur le fait que le personnel de santé pourrait être alors contaminé.

‘’Si le personnel de santé est décimé c’est le système de santé qui tombe à terre Je dis les choses telles qu’elles sont Je ne rassure pas pour rassurer Je n’apeure pas pour apeurer’’, a-t-il fait savoir.

‘’Quand on ne dépasse pas un certain nombre de cas la situation est encore sous contrôle, mais si l’épidémie continue de galoper, les morts seront inévitables. Il faut que l’on se batte pour que l’épidémie s’arrête’’, a recommandé le professeur Seydi.

Tout dépend, a-t-il ajouté, du ratio entre la capacité de prise en charge et le nombre de malades. ‘’Si on a, par exemple, mille malades avec une forme grave on n’a pas mille respirateurs. Ceux qui n’en auront pas vont forcément mourir’’, a-t-il prévenu.

Selon lui, le combat doit être mené au niveau de la communauté. ‘’Il faut que les gens respectent les mesures prises par l’Etat. Ces mesures pourraient se durcir si l’épidémie ne régresse pas d’ici à une ou deux semaines. C’est une possibilité’’, a-t-il ainsi indiqué.

Aps