Contribution: Les non-dits sur le génocide rwandais

L’enseignement supérieur au Sénégal, terre de solidarité africaine, a très tôt accueilli en son sein des Rwandais à la quête du savoir.

Ainsi, il y’a plus de 40 ans, une première cohorte originaire de ce pays s’inscrivait à l’UCAD.

Ces étudiants certainement formatés par le système éducatif belge en vigueur dans leur pays, étaient particulièrement brillants, disciplinés et sérieux.

Pensées appuyées pour nos condisciples Drs Evariste Musengarurema, feu Cyprien Munyaneza et à notre cadet feu Hermenegilde Twagiramungu décédé en terre canadienne.

24 ans plus tôt, le pays des milles collines vivait l’une des plus grandes tragédies de l’histoire africaine après l’esclavage, en basculant dans l’horreur ; d’avril 1994 à juillet de la même année, la catastrophe rwandaise plus connue sous le nom de génocide des tutsis eu lieu.

Huit cent mille (800000) personnes, source ONU et un million (1000000) recensements rwandais furent massacrées en un laps de temps sur une période qui n’a pas excédé trois mois et quinze jours. Des tribunaux communautaires villageois (Gacaca) seront réactivés afin d’accélérer le procès de plus cent trente mille (130000) génocidaires.

Ces Gacaca furent une panacée car, il aurait fallu selon les spécialistes deux siècles aux tribunaux classiques rwandais pour faire face au jugement des personnes détenues.

En cette soirée du 06 avril 1994, à 20h30, le mystère 50 qui ramenait de Dar Es Salam, les présidents du Rwanda et celui du Burundi fût abattu par un missile alors qu’il s’apprêtait à atterrir sur Kigali. Ce qui donna le coup d’envoi du massacre ciblé et dirigé vers toute une communauté. Les auteurs tenus comme responsables devant l’histoire et les hommes de cet acte ignoble auront le triste privilège d’être classés génocidaires ; ils seront identifiés comme étant membres des forces Hutus proches du pouvoir, du gouvernement intérimaire, des forces armées rwandaises (FAR) et enfin des milices interahamwe. L’histoire aurait cependant un goût d’inachevé si la mémoire humaine faisait fi de la responsabilité avérée ou pas de Paul Kagame et du Front Patriotique Rwandais (FPR) comme élément déclencheur du génocide.

L’histoire retiendra aussi des non dits cachés à l’opinion ; plusieurs décennies après, il demeure constant que la quête du pouvoir comme sa conservation par un tripatouillage constitutionnel rendent fou…

Il est régulièrement admis que le FPR et son chef ont planifié et commandité l’assassinat des présidents Juvenal Habyarimana et Cyprien Ntarymira. De nombreux officiers du FPR étaient citoyens Ougandais d’origine Tutsi ; beaucoup parmi eux ont été aux Etats-Unis pour bénéficier d’un stage voire d’une formation sous l’uniforme Ougandais. Paul Kagame n’était-il pas l’ancien chef de la sécurité de Yoweri Museveni (chef d’Etat de l’Ouganda).

Dr Ousmane Lo

Vétérinaire – Louga