Comparer les Salafes aux quiétistes: Quelle ignorance légendaire !!!

Dakarmidi – La libération de Imam Alioune Barada Ndao a plongé les « louvoyeurs » dans une ankylose totale. Les marionnettes de la pensée unique, au lieu de casser leurs plumes dans l’encrier de la honte, ont préféré tomber dans la bassesse intellectuelle, si ce n’est que de l’ignorance. Au moment où tous les musulmans se réjouissent de cette libération, les oiseaux de mauvais augures ferment leurs yeux sur l’innocence de ce symbole de l’Islam pour nous pondre un article bidon dans lequel ils prétendent mais sans audace que le « Salafisme » peut être le terreau du « radicalisme ».

L’article sur la libération de Imam Ndao compare le « Salafisme » au Quiétisme. Cette doctrine mystique consistant en un itinéraire spirituel de « cheminement vers Dieu », est caractérisée par une grande passivité spirituelle vis-à-vis de Dieu. Née en Italie vers la fin du XVIIe siècle, elle fut prêchée par un prêtre et théologien espagnol, Miguel de Molinos, avant d’être condamnée dès 1687 par l’Église catholique romaine comme hérétique à l’issue d’un débat théologique. Ce rappel historique est important en ce sens qu’il met à nu l’ignorance et le tâtonnement de pseudos intellectuels, de soi-disant spécialistes de la théologie qui n’ont aucune maîtrise de cette matière.

Pour démolir ce conglomérat d’hérésies fébrilement construit, il suffit juste de rappeler à nos « fameuses » marionnettes de la pensée unique que le terme As-Salaf us-Salih (ou brièvement : les Salafs) fait référence aux trois meilleures générations de musulmans qui sont :

– Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et ses compagnons ( Sahabas),

– ceux qui les suivent immédiatement (Tabi’in : suivants),

– et ceux qui suivent les Tabi’in (Tabi’Tabi’ines).

Le garrot pouvait arrêter la saignée intellectuelle si la plaie (la bourde contenue dans l’article de nos « fameux » théologiens) n’était pas trop béante. Mais pour arrêter cette saignée, nous allons encore tourner avec force le tourniquet. Cela consiste à démolir, mais sans dynamitage, le pont imaginaire laborieusement construit par nos « fameux spécialistes » du « terrorisme » pour lier le « Salafisme » au « radicalisme ». Il faut rappeler à ceux qui ne sont pas atteints d’une surdité ou d’une cécité intellectuelle que le radicalisme et le terrorisme sont farouchement combattus et dénoncés par tous les Salafis sans exception. Ils ont sans cesse rappelé que les actes terroristes et autres actes de barbaries n’ont rien à voir avec l’Islam, une religion de paix. Depuis près de 10 ans, les Fatwas de la Oumma islamique sont sans appel par rapport à la condamnation de ces actes qui ne font que ternir l’image de l’Islam.

Ainsi, le 19 Septembre 2014, 126 musulmans sunnites du monde entier ont adressé une lettre ouverte à Ibrahim Awwad Al-Badri, alias «Abu Bakr Al-Baghdadi», le chef autoproclamé des djihadistes de l’Etat islamique. Dans cette correspondance, les vrais théologiens ont dénoncé sans commune mesure les actes de terrorismes de l’Etat islamique. En 24 points, le texte condamne le groupe Etat islamique d’avoir sali l’image de l’Islam par ses crimes commis en son nom. C’est en ces termes que les savants ont dénoncé avec véhémence ces barbaries : «Vous avez fourni d’abondantes munitions à tous ceux qui veulent qualifier l’Islam de barbare par la mise en ligne de vos actes barbares soi-disant perpétrés pour le bien de l’Islam. Vous avez donné au monde un bâton pour battre l’Islam alors qu’en réalité, l’Islam est complètement innocente de ces actes, et les prohibe». Cette même position de l’Islam a été défendue par le grand mufti du Royaume d’Arabie saoudite le 19 août 2014. Le cheik Abdel Aziz Al Cheikh avait déclaré : « Les idées de l’extrémisme, du radicalisme et du terrorisme qui détruisent la terre et tout ce qui s’y trouve n’ont strictement rien à voir avec l’islam ; ce sont des ennemis N°1 de l’islam, et les musulmans en ont été les premières victimes, comme le montrent les crimes commis par Daech, al-Qaïda et leurs groupes affiliés ».

Le grand Mufti d’Al-Azhar, le cheik Chawki Allam, le grand imam d’Al-Azhar, le cheik Ahmed al-Tayeb, le président de la Commission Fatwas et Orientations de l’Union des Oulémas (savants) d’Afrique, le Cheikh Dr Mouhammad Ahmad Lo, ont toujours eu à défendre la même position : le radicalisme et le terrorisme n’ont rien d’Islam. Il faut bien sûr souligner que tous ces savants ne suivent que la voie des trois meilleures générations de musulmans : les Salafs. Donc, la position de l’Islam ou de ceux qui se réfèrent aux Salafs, est claire comme de l’eau de roche.

Mais les happés par la pensée unique, sans faire la promotion de Francis Fukuyama à travers son ouvrage La Fin de l’histoire et le Dernier Homme, n’ont qu’une obsession : le « Salafisme » engendre le radicalisme et le terrorisme. L’honnêteté intellectuelle nous oblige à rappeler que le Radicalisme désigne en France dans la seconde moitié du XIX siècle, la « doctrine de ceux qui revendiquent l’héritage de 1789, marquée en particulier par l’anticléricalisme et la défense du suffrage universel », et de nos jours la « doctrine réformiste fondée sur l’attachement à la démocratie, à la propriété privée, à la laïcité de l’enseignement ». Mais au sens large, il renvoie à l’attitude des individus ou des groupements politiques, qui refusent tout compromis.

A l’aune de toutes ces clarifications, comparer les Salafis aux radicaux, relève de deux attitudes : d’une ignorance très profonde de la théologie et de l’histoire mais également de la volonté absurde de voiler le soleil au zénith. Car les savants musulmans, avec méthodes et pédagogies travaillent d’arrache-pied à la recherche de la paix dans le monde. Le dernier exemple en date est l’organisation du dernier Congrès sur la recherche de la paix en Afghanistan tenu en Arabie saoudite. Un Congrès auquel le sénégalais Cheikh Dr Mouhammad Ahmed Lô a brillamment représenté son pays. Passer sous silence ces nombreux efforts et la position claire de l’islam (une religion de tolérance) sur le radicalisme et le terrorisme, est une saugrenuité. Que Dieu nous préserve de pseudos chercheurs à l’occasion, à la quête désespérée d’une légitimité intellectuelle !!!

Sidy SARR: Journaliste diplômé du CESTI

La rédaction