Commémoration – 11 Novembre 1902 : le retour d’exil de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul

Dakarmidi- Le Cheikhoul Khadim, débarqua à Dakar, le 11 novembre 1902, accueilli par des milliers de ses compatriotes. Les Sénégalais étaient subjugués du retour de cet homme, qui n’a jamais renoncé à ses principes et qui en rentrant dans son pays sans se compromettre en aucun moment, triomphait à coup sûr de ses ennemis de tous bords. De mémoire de colonisé, c’était la première fois qu’on voyait une telle chose.
Le Dignitaire Lébou Moussé Yesse DIAGNE, eu le privilège de l’avoir comme hôte – Il passa la nuit dans sa première maison située à l’époque à l’actuelle Avenue Lamine Gueye, au Parc Lambaye – avant d’aller Chez son disciple, Cheikh Ibrahima Fall au quartier « ambulance » (lambinance par déformation), situé derrière l’actuelle Gendarmerie Thiong. Puis, il se rendit à Saint-louis, chez Cheikh Ibra, au quartier Guet Ndar, au bout de quelques jours, les autorités lui signifièrent officiellement sa liberté totale.
1) Le Périple du Cheikh entre Dakar (Nov. 1902) et Darou Salam (Jan. 1903)
Le 18 novembre, il arriva à Louga, descendit chez son frère Cheikh Thioro, où, lui fut amené en provenance de Coki, son fils Mouhamed El Bachir MBACKE né en août 1895, au moment où il était en détention à Saint- louis.
Il quitta Louga, dans la nuit du Samedi et passa chez Diolo CISSE, puis, chez son disciple Serigne Ciré LO à Saanoussa, où il arrive dans la matinée du Dimanche. Il y passa le reste du mois de Ramadan. Les gens affluaient vers lui, les uns par curiosité, d’autres pour s’affilier à sa voie et solliciter sa bénédiction, à côté de dignitaires venus le féliciter.
Par ailleurs, des provocateurs s’infiltrèrent dans les rangs des visiteurs du Cheikh et, avant même son arrivée chez lui, ils se mirent à distiller des considérations, comme signes précurseurs d’éventuels troubles de la part des adeptes du Cheikh. Cheikh Mouhamed Laamine Diop Dagana nous fait la chronologie de ses mouvements de Saanoussa à Darou Salam :
Le jour de la fête de la Korité, (le 01/01/1903) il célébra la prière prévue à cette occasion, et resta à Saanussa jusqu’au Samedi 03/01/1903 au soir, puis partit, chez Goor Mack DIAW et y accomplit les prières du Maggrib (Crépuscule) et de Isha (Soir), ensuite il se rendit à Macca Baba où il passa la nuit. Le Dimanche 04/01/1903 au matin, il alla à Mbacké-Cayor chez son oncle Cheikh Ibrahima MBACKE, qu’il quitta le soir même pour se rendre à Keur Mukhtar, chez Massamba Khary DIOP où il resta jusqu’au mardi 06/01/1903 au soir puis à Niakhal chez Mukhtar Marième SYLLA où il passa dix jours avant d’aller à Coki Gouye. Après y avoir passé une journée, il quitta peu avant le crépuscule et arriva chez lui à DAROU SALAM durant la nuit du mercredi au jeudi 21 janvier 1903. Dans ce village résidait son frère Cheikh Anta, qui lui offrit une réception sans précédent. Elle dura dix jours pendant lesquels on égorgeait dix taureaux chaque jour. Pendant ce temps, on préparait les cases de la Résidence de Daroul Manaane, village, où habitait, son frère Cheikh Ibrahim avec qui les rapports étaient empreints d’une cordialité indescriptible et qui, durant l’exil, fut chargé de veiller sur la famille et les biens du Cheikh. C’est autour de lui que c’étaient réunis les principaux Cheikhs Mourides sous la direction de Cheikh Ahmadou Ndoumbé MBACKE. Le Cheikh fêta la Tabaski à Darou Manaane »
Le Mouridisme était en plein rayonnement. De partout, à pieds, à dos d’animal, les foules convergeaient vers le SERVITEUR DU PROPHETE(PSL) au point de susciter, la jalousie d’une aristocratie guerrière en perte de vitesse. Qui, doublement frustrée par la perte de son pouvoir réel du fait de la colonisation, ne se contentant plus, qu’à d’hypothétiques postes de chefs de cantons. Mais aussi, de ce CHEIKH, qui leur avait ravi la vedette et qui, malgré lui faisait désormais l’évènement, chose à laquelle tenaient jalousement ces princes déchus.

 

PAGES D’HISTOIRE

(extraits du Guide Pratique du Grand Magal de Touba, de Amadou Moustapha Gaye )