Affaire Khashoghi: Les Occidentaux sont-ils au-dessus de tout soupçon ?

Dakarmidi – Il est établi qu’en matière de criminologie il faut un océan de doute pour un ilot de certitudes. Or, jusqu’à présent, dans cet océan de doutes, personne ne s’est intéressé aux Occidentaux en tant que commanditaires et/ou exécutants. Beaucoup s’attardent sur le caractère omnipotent de MBS. Mais sans tenir compte du caractère omniscient des Occidentaux un peu partout dans le monde. Particulièrement à Ryad où la technologie affinée qu’ils ont fournie et qu’ils font fonctionner leur permet de savoir qui parmi les princes ou les princesses a fait ses besoins. Et, ce, jusqu’aux moindres détails. Les relations conjugales n’échappent pas à cette règle.

Le milliard de dollars dépensés pour acheter la crème du matériel d’espionnage, dont deux cent cinquante millions pour le nec israélien, fait des Occidentaux les manipulateurs dan les palais d’Arabie.

La plupart des officiers supérieurs qui contrôlent les points névralgiques du régime ne sont pas inconnus de la CIA, du M6, de la DGSE et du MOSSAD.

La liste des Saoudiens jugés dangereux n’est pas confectionnée à Ryad mais à Washington. Elle provient, avec la mention A ELIMINER, du Bureau de Monsieur Kouchner à la Maison Blanche.

Sur cette liste se trouvait le nom de Monsieur Khashoghi.

L’opération d’Istanbul s’est passée sur le Bosphore qui se trouve être la Mecque de l’espionnage. Russes, Européen, Américains, Chinois, Israéliens y côtoient les plus petits en la matière.

Les Services Secrets occidentaux sont-ils capables de manipuler  ceux saoudiens dont ils sont les mentors ?  La réponse est certainement oui avec un grand O.

Le centre d’écoute d’Istanbul décèle même le mouvement des fourmis dont l’échographie permet de voir la dimension entomologique. Passez-moi, donc, le bruit de deux jets sur le tarmac de Attaturk Airport.

Non, MBS n’a aucun intérêt à faire tuer Khashoghi. Le crime ne lui profite pas. Au contraire, il lui porte préjudice. Il écorne son image de bâtisseur pharaonique hors gabarit.

La nouvelle cité, NEOM, pouvant devenir la capitale du monde. L’homme cherche à fédérer l’Humanité et planer au-dessus des croyances, des races, de la géographie. Assurant, ainsi, la résurrection de celui qui nous a apporté le Coran et qui a fondé à Médine  la première cité interconfessionnelle et inter raciale.

Cette cité fera de ce futur Roi d’Arabie, à la fois, l’homme le plus puissant et le plus craint de la terre. Ce, pour les années à venir. Ses concitoyens en Islam seront de mille cinq cents millions. Sa flotte pourra mouiller indifféremment de l’Atlantique, de la Méditerranée, de Java ou de la Mer d’Arabie.

Curieusement, c’est la première fois dans un crime que l’on crache sur les présumés assassins pour dire : « Les tueurs ne nous intéressent pas. Nous ne nous intéressons qu’à un éventuel commanditaire ». Chose qui n’a été demandée ni pour Kennedy, ni chez nous pour Me Sèye, ni même à Ryad pour l’assassin de Fayçal. Encore moins pour Rabbin, Martin Luther King ou Malcom X.

Le Procès-Verbal des dix-huit présumés coupables est entre les mains de la justice turque ; et, donc, accessible à tous. Plutôt que de les juger, même par contumace, ou par vidéo présence ou à Ryad avec la présence de magistrats internationaux l’on cherche à saigner le Trésor saoudien déjà sollicité au Moyen Orient par une voulue et armée par les Occidentaux au Yémen. Pour faire passer les pipelines du pétrole saoudien sur les côtes de la Mer d’Oman loin de la côte iranienne de Bab El Mendeb.

Les Occidentaux sont donc plus que suspects. Ce, et d’autant plus que le Président Américain dit à qui veut l’entendre  que l’Arabie Saoudite est un protectorat aaméricain en passe d’être recolonisée.

D’ailleurs le retour à Ryad de l’un des frères du Roi a été déclaré sous garantie américaine pour rejoindre les siens.

Il est donc clair désormais que l’on sait qui peut faire quoi en Arabie.

Mais si l’on se fie aux déclarations du Procureur Général de Turquie faites à Istanbul ce 31 octobre 2018, Jamal Khashogi aurait été étouffé et découpé en morceaux.

Cette déclaration nous renvoie à des suspects doctrinaux religieux. Tels que ceux emprisonnés  et qui encourent la peine de mort. Cette exécution obéit à un verset coranique( V.5, S.33) qui dit que : « La sentence encourue par ceux qui effectuent des destructions sur terre( haute trahison)  devront être tués ou crucifiés, leurs pieds et leurs mains découpés, ou être exilés de la terre »

Les religieux en question ont souvent donné des fatwas publiques ou privées à leurs ouailles pour matérialiser une sentence coranique. Lorsqu’ils auront désigné la ou les personnes sur lesquelles elle doit être exécutée.

Une sentence coranique  est un décret divin déjà jugé. Nous savons qu’en 1978 ET 0 LA Mecque la célèbre affaire Jouhayman Al Outaydi s’était basée sur une sentence coranique. Il avait occupé la Kaaba avec un groupe armé qui avait tué une dizaine de pèlerins.

Tous les attentats, tous les assassinats, y compris par véhicules piégés ou bombes humaines,  effectués par Daesh, Al Qaeda ou d’autres  l’ont été sur des fatwas basés sur une sentence coranique.

Peut-on l’exclure de la liste des suspects ?

A moins qu’il ne s’agisse d’une sentence prononcée dans le cercle de ceux qui exercent la souveraineté dans l’Exécutif.

Dans un récent sondage évoqué dans l’émission Regards Croisés( Itijah Al Mouakis en Arabe) diffusée par Al Jazira le mardi 30 octobre 2018 quatre-vingt pourcent  des Saoudiens soutiennent Daesh et Al Qaeda.

Il est évident que les dix-huit présumés assassins saoudiens ont largement leur place dans ce pourcentage.

Une sentence étatique pour haute trahison est un cas qui n’est pas impossible. Mais qui, à la différence de l’assassinat, constituerait une sentence prononcée en haut lieu par qui de droit. Comme cela a été le cas pour Barak Obama qui a donné l’ordre de tuer Ben Laden. Et, avant cela, pour bien d’autres au Yémen.

Les Israéliens ne sont pas en reste en la matière. Ni, même, les Français avec l’attentat contre Green Peace.il reste maintenant à connaitre la matérialisation de la haute trahison. Et pour cela il y a lieu de revisiter les similitudes Khashoghi  —Ben Laden.

Ils ont tous, en commun, d’être deux Saoudiens de la même génération, ayant fait leurs études aux USA. D’avoir été recrutés en son temps par la CIA  et reçu pour mission d’aller en Afghanistan. Où ils vivaient ensemble dans la Base Vie de l’aéroport militaire de Peshawar au Pakistan. D’où vient le nom d’Al Qaeda(Base).

Ils confectionnèrent l’ingénierie financière de la nouvelle internationale terroriste. On les voit, dans une photo, debout , côte à côte, portant, chacun, une kalachnikov en bandoulière.

Après l’Afghanistan1 Ben Laden s’est installé au Soudan et se préparait à créer un royaume en Libye.

Khashoghi se convertit au journalisme en devenant pigiste , puis rédacteur, dans une feuille de chou qui s’appelait  Saudi Gazette. Avant de faire une montée fulgurante dans les rédactions comme cela n’arrive qu’à ceux qui ont pris l’ascenseur de l’espionnage.

Rappelé à Langley, siège de la CIA à Washington, son nom finit par constituer une signature au Washington Post. Et autour de laquelle il a été fait beaucoup de publicité pour lui donner une crédibilité et en faire la référence journalistique au Moyen Orient. Et, ce, au détriment de milliers d’excellents journalistes arabes, aussi bien chrétiens que musulmans.

Ben Laden, quant à lui, prit sa retraite d’officier et passe le reste de sa vie dans une demeure somptueuse annexe de de la caserne d’Abbot  Abbat. Où, par décision de l’Exécutif américain, un commando de plus de quinze personnes est allé l’exécuter. Sans procès, évidemment.

Une telle décision a été prise par  l’Exécutif  pour des cas où la personne est jugée extrêmement nuisible pour les intérêts des grandes Nations.

C’est l’Exécutif américain qui a donné l’ordre d’exécuter Ben Laden. Alors que la possibilité de l’arrêter et de lui faire un procès était à portée de main.

D’autre part, pour le devenir du Royaume d’Arabie Saoudite et de la Oumma islamique,  c’est-à-dire mille cinq cents millions de personnes, un jeune prince consacré futur Roi prit les choses en mains. Avec pour rêve la création de la grande cité où les races, les religions n’auront plus de frontières entre elles. C’était le rêve du tout premier Mohamed ( psl) . La réalisation de NEOM, la cité de la Oumma du milieu,

En y pénétrant on a déjà pied en Afrique, avec l’Egypte ; la Méditerranée vous donne comme voisins l’Europe te l’Occident. Alors que vous êtes toujours en Asie.

Le musulman y aura comme voisin un juif ou un chrétien, comme, jadis, à Médine.

Le poids économique de NEOM en fera la plus grande société à Actions dans le monde.

Les musulmans, du coup, se sentiront libérés des « inepties de leurs Oulémas qui croient que le globe n’est qu’un immense tapis de prière. Qui tient entre les cornes d’un super taureau. Ils pensent que les menstrues ne sont que l’occasion de l’ouverture d’un robinet provenant du péché originel. Alors qu’ils sont tous issus de menstrues non avérées.

Frapper un coup aussi fort contre Al Hoda et autres Al Karni est un véritable avortement du ventre d’Al Qaeda et de Daesh.

MBS a effectué avec ses doigts une série de petits gestes qui font la différence. Il est alors devenu pour ceux qui ont déjà fait sa promotion un monstre à éliminer..

L’Occident lui avait promis, après lui avoir donné une liste de personnes à éliminer de toute façon, une tolérance format Israël. En voyant que le Prince était non seulement élancé et grand par la taille mais aussi par les idées.

Khashoghi était sur cette liste.

Eux-mêmes savent depuis toujours ce qui se passe sur le Bosphore.

Les préparatifs pré consulat ont duré plus de cinq semaines. La conception, la planification, la simulation n’ont échappé ni aux satellites, ni aux centres d’écoute, ni aux caméras des smartphones.

L’agent Khashoghi a été envoyé à Istanbul en toute connaissance de cause.

Une Arabie Saoudite station de carburant de la terre est à la fois son coffre-fort et aussi son bakchich store. Cela en fait un épouvantail. D’ailleurs le mot khashog, devenu khazog, signifie épouvantail en Arabe.

L’homme est d’origine turque, la Turquie étant l’ancienne Administration de l’Arabie Saoudite. Il a donc de la famille en Turquie. Et une fiancée de trente-huit ans. C’est-à-dire ménopausée ou en période de pré ménopause.

Disons que les Services Secrets Occidentaux l’ont utilisé. Eux qui se sont éternisés à enlever tout crédit aux grands projets de Ben Salman à travers sa signature électronique. Tout en utilisant les Saoudiens pour le faire casser et le transformer en martyr pour une énième tentative de diabolisation—dé crédibilisation. Non seulement de MBS mais aussi de MBZ. Car les  Occidentaux,  c’est notoire, ont la fâcheuse habitude de reprendre par la main gauche tout ce qu’ils ont donné par la main droite.

La télé chirurgie a-t-elle été pratiquée dans le Consulat ?

Cette hypothèse n’est pas à exclure. Ni celle de « Conseillers » occidentaux au sein du groupe des tueurs. D’où l’importance d’une enquête méticuleuse et patiente.

Diluer les ossements de la personne éliminée est une spécialité occidentale déjà pratiquée sur Patrice Lumumba.

Par ailleurs, MBS avait obtenu au Yémen ce qu’Israël a obtenu en Palestine. Avec une indifférence liée à un silence total.. cependant cette tolérance format Israël n’était pas absolue. Il fallait lui reprendre ce qu’on lui avait accordé en manipulant ses propres hommes de confiance.

Tout retourner contre lui, le diaboliser, en faire un criminel. Lui tresser une couronne d’épines, celle du Prince de Sade. Mais c’est sans compter avec la perspicacité de  MBS. Qui a répliqué en commençant par se réconcilier avec le Prince Ahmed qui est rentré de Londres sans se faire tuer. Et qu’il est allé, lui-même accueillir à l’aéroport de Ryad. Pour signer l’acte confirmant la règle en politique selon laquelle tout ce qui se fait sans vous se fait contre vous. Par ricochet, la réconciliation avec la famille est en train de devenir une réalité.

La rumeur voudrait qu’il ait déjà pris langue avec le Qatar et qu’avec la Turquie les choses soient revenues en deçà du rubicond.

Mais là où le Prince étale ses talents sur le plan diplomatique c’est d’avoir Poutine à Ryad. Tout en se préparant à donner de très juteux contrats à la Chine. Comme l’a d’ailleurs souligné Donald Tromp. «  Si nous ne leur vendons pas nous accroissons le chômage. La Russie et la Chine vendront à notre place. »

Du même coup , un conflit avec l’Iran devient sans objet.

C’est cela renvoyer la monnaie de sa pièce au Congrès américain dont la majorité est menacée, sous une semaine, par des élections de mi-mandat.

Ceux qui croyaient que les richesses de l’Arabie Saoudite se résument au pétrole et à l’argent  doivent savoir qu’il y a plus.

Une armée bien aguerrie au Yémen mais aussi une opération boursière avec 5% des actions de ARAMCO susceptibles de mettre tous les clignotants économiques et financiers au vert.

Tout cela démontre la grande intelligence de MBS. Un Prince qui ne nait que tous les mille ans.

Dr Ahmed Khalifa Niasse

La rédaction