Adama Barrow reçoit des lutteurs, des musiciens, des hommes d’affaires sénégalais et zappe un élément clé de l’opposition gambienne qui a évincé Jammeh, Sheikh Sidia Bayo

Dakarmidi – Il est un pionnier de l’espace politique gambien. Jeune et brillant, toute sa  vie est consacrée à la lutte pour la libération du peuple de la Gambie du diktat de  Yahya Jammeh. Sans relâche, il a enduré face aux persécutions et bataillé ferme  face à l’oppression.

Sheikh Sidya Bayo est aujourd’hui, incontestablement l’une des personnalités politiques qui font la fierté de la Gambie. Son rôle dans la chute de Jammeh est capital, car il a été parmi les précurseurs du combat, les lanceurs d’alerte qui ont attiré très tôt, l’attention des gambiens sur l’« équation Jammeh ». Cela lui avait valu d’être expulsé du pays ainsi que plusieurs de ces concitoyens par Yahya Jammeh.

Mais tout cela n’avait guère altéré son engagement et son patriotisme. Il a, même hors des frontières gambiennes, poursuivi  le combat, et n’hésité jamais à charger l’ex président à chaque fois qu’il tentait de mater son peuple. Aujourd’hui que la Gambie est sortie des mains de Yahya Jammeh après plusieurs années d’intenses luttes, ce profil se voit écarté du gouvernement  par le nouveau président qui a fait preuve d’une indifférence totale à son encontre.

Au lieu de fédérer tous les gambiens autour d’un idéal, de réunir les forces vives de cette nation longtemps entre les goulots d’étranglements de Jammeh, de faire converger les énergies et les forces autour de l’essentiel,  Adama Barrow   a préféré faire dans la discrimination en évitant un homme comme Bayo qui représente pourtant un maillon incontournable du dispositif politique gambien.

Adama Barrow qui, en effet, multiplie ses consultations et ses audiences à Dakar  a choisi de s’afficher avec des lutteurs, des musiciens et des hommes d’affaires sénégalais au détriment de ce fils de la Gambie qui a  combattu pour son accession au pouvoir.

Cela ressemble très sérieusement à une ségrégation dont les conséquences à venir peuvent avoir de graves répercussions dans la gestion du pays. La Gambie ne pourra jamais sortir la tête de l’eau si elle ne se réconcilie pas avec son peuple, ses dignes fils torturés soit physiquement soit mentalement pendant des années, ceux qui font sa fierté. Dans ce pays tout est urgent, et seule l’union des cœurs, le concours de tous peuvent faciliter les fondements de la nouvelle Gambie prônée par tout aspirant de la paix, et par les sénégambiens en général.

La Rédaction