10 diplômes en poche, 150 tableaux à son actif, influent membre de 05 associations internationales, fondatrice de Handi-capable, qui était réellement Yoni Rassoul? Décryptage d’une icône après ses 40 jours sous-terre

Dakarmidi – Cette question qui vaut son pesant d’or, seul le Seigneur, son sublime Créateur, architecte hors-pair est en mesure d’y apporter une réponse. Même si de part et d’autre des hommes l’ont fréquentée, adulée et aimée. Personne d’entre elles, même s’essayant de faire son portrait, ne donnerait qu’une infime partie du grand mystère qui entourait la vie ô combien riche de Yoni Rassoul. Elle est née à Dakar un 05 Avril 1995, dans une famille très modeste. Sa mère, femme au foyer son père, artiste peintre menaient leur vie avec simplicité et humilité au sein d’une fratrie de quelques enfants.

Sa mère se souvient encore des 6 ans de Yoni, et le premier jour qu’elle la conduisait à l’école primaire, Yoni Rassoul était alors normale comme tous les enfants et sans aucun handicap. Quatre années passèrent et survint cette tragédie à ses 10 ans, le lait que son père apporta de la boutique, fut par malheur, la source de sa tétraplégie et le début d’un calvaire, qui aura chamboulé de manière radicale les projets de toute une famille. Elle était très amie à son père, d’une relation fusionnelle,  normal certes entre père et fille mais Yoni avait réussi a porté cette relation à un niveau tel qu’elle aimait contempler son cher Papa d’un regard perçant.

Sa mère, la brave Bintou, à l’annonce de cette nouvelle si lourde pour le coeur, avait pris l’engagement dans la foi, de s’occuper à temps plein de sa petite princesse. Plus de sortie entre amies pour elle, plus de tontine, plus de bijoux, plus de beau habits, elle avait dans la grandeur, décidé de donner sa vie, toute sa vie, à demeurer au service de Yoni Rassoul, elle qui, n’avait plus les moyens physiques pour mener une quelconque activité, puisque ses pieds et ses mains ne répondaient plus aux alertes ni de son cerveau ni de son coeur, ni même de son corps.

La famille Diongue voyait en cet accident, un drame, un désespoir et une « malédiction », même si, dans la lourdeur du temps, elle n’a jamais perdu la foi ni désintégrer sa dignité. Et comme pendant la pluie, on ne nettoie pas les perrons, il était alors du devoir du père de famille, de gérer cette difficile période de leur vie, exceptée la foi en Dieu, tout était sombre. Alors pour des raisons de santé, Yoni était obligée d’arrêter les études, et pendant longtemps, elle était restée clouer au lit, son corps en permanence devait être massé par des kinésithérapeutes, avec une pommade spéciale pour lui éviter la désintégration de sa peau et de son cuir chevelu….

Elle, comme sa mère avaient vu leur relation se raffermir, car le temps comme leur environnement s’étaient soumis à eux, comme de grands disciples. Les 7 ans qui suivirent cette tragédie ont été insoutenables, faudrait-il le rappeler, dignes, ils sont demeurés, malgré toutes ces tornades qui s’abattaient sur eux, se battant jour et nuit pour briser ce plafond en verre du désespoir, pour aller au-delà de ses frontières, ces barrières qui avaient fini par perturber leur existence sur terre. Elle avait finalement rencontré sur sa volonté, Sheikh Alassane Sène, grâce à qui, elle a appris à aimer le Prophète Muhammad (psl), ce dernier a finalement changé sa vie, lui a ouvert des portes, lui a appris à être tolérante, à être innovatrice et créative, endurant et forte.

Alors elle s’est prise en charge, a compris que la capacité et l’énergie de l’être humain réside dans sa tête et non dans ses muscles. Au fil du temps, le drame était surmonté, Yoni Rassoul avait fini, grâce au Prophète, par vaincre ses peurs et les turbulences qui agitaient son existence. Ses oeuvres, 150 au total ont garni sa vie peinte sur une fécondité à nul autre pareil. Elle avait fini par intégrer les plus prestigieuses associations de handicapés au monde, et fait partie de ces braves personnes, personnalités qui ont repensé le rôle du handicapé dans la société, en théorisant le concept « Handicapable », dont le rôle était d’inciter les handicapés à se prendre en charge et de participer à l’essor de leur Nation. Au british council, elle faisait partie des élèves les plus brillants, c’est l’administration qui l’a témoigné.

Grâce à son travail, elle payait le loyer, donnait la dépense quotidienne, payait les études de ses frères et soeurs, ainsi que celle de son père au Centre de formation professionnel et Technique « Sénégal Japon ». L’ambassadeur des États-Unis au Sénégal a fait un témoignage plus qu’élogieux sur elle, tandis que l’Etat du Sénégal l’a tout simplement zappée, de son vivant comme à sa mort. Aujourd’hui Yoni Rassoul est partie sur la pointe des pieds, laissant derrière elle des orphelins. Elle demeure cependant immortelle dans nos coeurs et nos esprits.

Adieu Yoni, demeure aux côtés de Rassoul (psl) par la grâce de Dieu.

Papa Ibrahima Diassé

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