Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce samedi en visite de courtoisie auprès du khalife général des Niassènes, Cheikh Mahi Ibrahima Niass. Cette démarche, effectuée en prélude à la célébration de la naissance du Prophète (Mawlid), visait à présenter les respects du gouvernement et à porter un message du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Accompagné d’une délégation conséquente, le chef du gouvernement a souligné le caractère inclusif de sa démarche. « Nous sommes venus vous apporter le message de salutations et de ziar du président Faye. Mais aussi, avec optimisme, solliciter vos prières pour réussir dans notre mission à la tête du pays. Vous êtes ici pour nous tous, pouvoir comme opposition », a déclaré M. Sonko, insistant sur la recherche d’une bénédiction transcendante les clivages politiques.
Au-delà des aspects protocolaires, le Premier ministre a dressé un tableau sans concession de la situation économique et financière du Sénégal, héritée de l’ancien régime. Il a détaillé les conséquences d’« une gouvernance qui ne mettait pas en avant l’intérêt national » et d’une « gestion des ressources qui ne profitait pas aux Sénégalais ». Il a pointé du doigt l’abandon de secteurs prioritaires tels que l’agriculture, l’élevage et l’industrie.
Le point le plus alarmant de son exposé concerne le fardeau de la dette publique, qu’il a chiffré à 118% du Produit Intérieur Brut (PIB). M. Sonko a toutefois tenu à préciser que cet état des lieux n’avait « pas pour but de se lamenter », mais de prendre acte de l’ampleur du défi. « Nous avons été élus pour apporter des solutions. (…) C’est juste pour faire savoir que nous avons un défi national à relever pour le paiement de la dette et le redressement économique du pays », a-t-il expliqué, appelant à une mobilisation collective pour surmonter ces obstacles.