Dakarmidi – Il est des hommes dont le passage ne soulève pas de poussière, mais laisse une trace indélébile sur le papier. Comme le vent du soir qui caresse le baobab sans le courber, leur présence fortifie ce qu’ils touchent. Abdoulaye Bamba Diallo est de ceux-là.
Dans la nuit de la presse sénégalaise, certaines plumes brillent d’une lumière qui ne s’éteint pas. La sienne en fait partie. Quarante ans de fidélité à un métier exigeant, quarante ans à servir l’information avec rigueur, dignité et passion. On l’appelle l’orfèvre de la presse écrite, et ce titre lui sied comme un habit taillé sur mesure.
Un orfèvre ne travaille pas dans la précipitation. Il façonne, il cisèle, il polit jusqu’à ce que chaque mot trouve sa place exacte. C’est exactement ce que Bamba Diallo a fait pendant des décennies. Sa chronique « Les Comptes de Almamy Bocar » dans « Enquête » était un rendez-vous attendu. On y retrouvait la voix posée du vétéran, celle qui analyse sans s’agiter, qui éclaire sans blesser, qui transmet sans jamais se mettre en avant.
Ce qui frappe chez Laye Bamba, c’est justement ce mélange rare : la qualité de son écriture et un sens du devoir toujours bien accompli, sans jamais céder à la facilité. Il est loin de faire nature morte dans le landerneau médiatique sénégalais. Il garde un entrain, une allégresse qui prouvent qu’il écrit encore en homme curieux et engagé, pas en figure figée du passé.
Bâtisseur, il a donné vie au groupe Panafricain System Production et à ses titres phares, « Nouvel Horizon » et « Thiof Magazine », à une époque où faire exister un journal relevait presque du sacerdoce. Architecte de la fusion qui a donné naissance à Global Media Communication, il a su unir les forces pour préserver une presse indépendante et exigeante. Vice-président du groupe, il a toujours placé l’intérêt du métier avant les ambitions personnelles.
S’il fallait retenir une leçon de son parcours, ce serait celle-ci : la presse ne se mesure pas au bruit qu’elle fait, mais à la trace qu’elle laisse. Abdoulaye Bamba Diallo a choisi la trace. Celle d’une écriture droite, d’un engagement discret, d’une exigence qui ne se négocie pas. Dans un métier où tant de voix s’élèvent pour se faire entendre, la sienne demeure parce qu’elle a su rester utile. Et c’est peut-être la plus belle définition de l’honneur journalistique.
Pour l’avoir connu dès ses débuts dans le journalisme, il m’est aisé de témoigner sur son incandescence professionnelle et sur sa maturité d’esprit. Il donne l’exemple d’un journaliste inventif, toujours debout et jamais couché, prêt à donner le meilleur de lui même en toute chose et en toute circonstance. Pour tout dire, laye Bamba Diallo est un journaliste talentueux qu’on peut offrir en exemple à tous ceux qui sont attirés par cet exaltant métier.
Doyen Majib Sène
