LES REMOUS AU SEIN DE LA MAGISTRATURE ALIMENTENT L’ACTUALITÉ

La presse quotidienne traite des remous au sein de la magistrature sénégalaise après l’annonce de la tutelle de saisir l’Inspection générale de l’administration de la justice (IGAJ) pour faire la lumière sur des accusations de corruption visant un haut magistrat.

Cette affaire est partie des accusations de corruption portées par le juge Amadou Yaya Dia, président de chambre à la Cour d’appel de Kaolack, contre son supérieur Ousmane Kane, président de cette juridiction.

Le premier président de la Cour d’appel de Kaolack, démissionnaire de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), a convoqué vendredi une conférence de presse pour contester les accusations dont il fait l’objet.
« L’affaire de corruption présumée qui secoue la Cour d’appel de Kaolack met en mal toute la magistrature. En optant de saisir » l’inspection générale de l’administration de la justice (IGAJ) pour une enquête, « le garde des Sceaux agit pour la sauvegarde de la crédibilité de l’institution judiciaire », relève le quotidien Kritik’.
« Seulement, ajoute le journal, l’option de Maître Malick Sall de fouiller le dossier médiatisé de Kaolack risque d’être la goutte d’eau de trop dans la querelle » opposant la nouvelle génération de magistrats à l’ancienne.
Surtout que déjà, l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) vit des « heures sombres », pendant que le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) « traverse aussi une crise depuis des mois », d’où les craintes de voir le temple de Thémis « (…) trembler les jours à venir », selon le même journal.
Source A interroge à ce sujet le psychologue Serigne Mor Mbaye qui observe : « La réticence des magistrats aux critiques trouve sa source dans la société sénégalaise, qui est foncièrement réactionnaire ».
Il ajoute : « Normalement, un magistrat peut être contredit. Mais, dès le moment qu’il a le droit d’aînesse, il pense qu’on ne peut pas le contredire ; cela pose problème et c’est pour cela que cette société n’avance pas, non plus ».
Ce qui vaut cette interrogation terrible à la une de « Lii quotidien » : « Notre justice est-elle crédible ? ». Une réponse sans nuance de Babacar Diop, le secrétaire général des Forces démocratiques du Sénégal (FDS), un parti d’opposition : « La justice fout le camp dans ce pays », soutient-il dans les colonnes du quotidien Enquête.
« La chienlit », carrément, selon Le Quotidien qui n’y va pas par quatre chemins. « Le ministère de la Justice a attendu quatre mois pour saisir l’Inspection générale de l’administration de la justice (IGAJ) alors que le conflit opposant les juges Yaya Amadou Dia et Ousmane Kane empoisonne la Cour d’appel de Kaolack », dénonce le journal.
L’Observateur livre « les dessous » de cette guerre, affirmant que le conflit entre Ousmane Kane, premier président de la Cour d’appel de Kaolack, et le juge Amadou Yaya Dia, président de chambre dans la même juridiction, « ferait suite à une +erreur technique+ » commise par le deuxième.
Le juge Dia « aurait refusé de se rectifier quand son supérieur le lui avait demandé. C’était lors d’un délibéré sur une affaire civile de liquidation d’astreinte », indique L’Observateur.
Toujours est-il que Sud Quotidien note que la saisine de l’inspection générale de l’administration de la justice vise à faire en sorte que « le virus » né de ce conflit ne se propage « dans une profession hautement importante dans une République ».
L’As évoque les sanctions encourues par les juges Dia et Kane, lesquelles vont de l’avertissement à la radiation « sans oublier des poursuites pénales pour des faits de corruption ». « D’ailleurs, le coordonnateur national du Forum civil exige la lumière afin que l’impunité soit bannie partout, surtout dans la magistrature », poursuit le journal.
L’affaire de corruption présumée dans la magistrature ne résume toutefois pas toute l’actualité dans les quotidiens dont d’autres titres sont consacrés à divers sujets, à l’image de Walfquotidien qui s’intéresse au prochain déplacement présidentiel à Paris.
En perspective de ce voyage du chef de l’Etat Macky Sall dans la capitale française, des membres de l’ambassade du Sénégal ont été placés en quarantaine, COVID-19 oblige.
« Le protocole de l’Etat ne semble prendre aucun risque avec la santé du chef de l’Etat devant se rendre dans la capitale française pour prendre part, notamment, à l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), ses équipes sont en train de préparer ce terrain miné par la calamité publique de la COVID-19 qui n’a épargné aucun pays », peut-on lire dans les colonnes du journal.
« Confusion au sommet », au sujet du projet de décret modifiant le décret 72-1288 relatif aux conditions d’affectation et de désaffectation des terres du domaine national, affiche le quotidien Enquête.
« Adopté en Conseil des ministres, le 12 août 2020, il a été retiré le lendemain et demeure introuvable. Des sources soupçonnent une volonté de dessaisir les collectivités de la gestion des terres », explique le journal.
Le Soleil enfin offre un billet retour sur « les cendres refroidies de Kaguitte », un « village-martyr » du conflit casamançais où « plus de 300 familles » sont désormais revenues au bercail, rapporte le journal.