Moussa Taye sur la sortie de Ismaila Madior suite à la décision de la CEDEAO sur le cas Khalifa Sall « La déclaration du ministre traduit l’état de panique et de frilosité du pouvoir »

C’est encore une immixtion grave dans le fonctionnement de la justice. Il ne lui appartient pas de commenter la décision de justice encore moins de décider du sort qui doit lui être réservé.

En tout état de cause,  le Sénégal a l’obligation de respecter et d’appliquer les décisions de la cour. Il a adhéré librement à cette juridiction, a participé à son financement, à l’élaboration des normes et à son fonctionnement en y envoyant ses juges. Il ne peut donc refuser d’appliquer les décisions de justice qui émanent de cette juridiction.

En appel, j’espère que les juges auront la lucidité et le courage d’intégrer cette nouvelle donne et en tenir compte. La conséquence est simplement la régression du procès d’appel à la phase de l’information judiciaire et par voie de conséquence la libération des détenus.

C’est pourquoi, j’interpelle ici et maintenant les organisations des droits de l’Homme et l’Union des magistrats afin qu’elles prennent leurs responsabilités devant cette situation.

Moussa Taye