Le Cercle des Cadres de la République des Valeurs (CECAR) a fait face à la presse ce mercredi 7 janvier 2026 pour faire des révélations et dénoncer ce qu’il qualifie de graves manquements dans l’acquisition de véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale.
Cette rencontre avec les médias s’est tenue en présence de Dr Ibrahima Ba, responsable du Cercle des cadres de la République des Valeurs, de Mouhamadou Lamine Diouf, membre du cercle, ainsi que de plusieurs autres cadres du parti.
Prenant la parole, Dr Ibrahima Ba a d’emblée souligné que la polémique autour des véhicules dépasse largement une simple question administrative.
« Ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas une affaire de véhicules, mais la vérité sur la nature du pouvoir en place, sa conception de l’État, sa relation à la morale publique et sa compréhension du mandat politique », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que le 4 janvier dernier, le Président de l’Assemblée nationale a confirmé la livraison d’un premier lot de 76 véhicules Toyota Prado 4×4 destinés aux députés.
« Il ne s’agit ni d’ambulances, ni d’équipements scolaires ou hospitaliers, mais de véhicules de prestige, dans un pays où l’essentiel manque encore à trop de citoyens », a-t-il déploré.
Selon Dr Ibrahima Ba, cette décision constitue un “aveu politique” qui démontre, selon lui, que la rupture tant promise n’était qu’un slogan. Il a dénoncé une contradiction flagrante avec les discours tenus en 2022, lorsque ces mêmes responsables condamnaient avec vigueur l’achat de véhicules institutionnels.
Sur le plan financier, le responsable du CECAR a évoqué des chiffres qu’il juge alarmants :
4,9 milliards FCFA en cas d’achat direct ;
près de 6,8 milliards FCFA en cas de location longue durée,
soit un surcoût estimé à 1,9 milliard FCFA, sans création de patrimoine public à l’issue du contrat.
« Quand l’État paye plus cher pour ne rien posséder, il ne s’agit plus d’une erreur de gestion, mais d’une faute de gouvernance », a-t-il martelé.
Il s’est également interrogé sur l’absence de traçabilité budgétaire, demandant où se trouve la ligne budgétaire précise autorisant une telle dépense, et a dénoncé une procédure d’urgence et un appel d’offres restreint, dans un secteur pourtant concurrentiel.
De son côté, Mouhamadou Lamine Diouf a mis en parallèle ces dépenses avec la situation critique des services de secours.
« Les sapeurs-pompiers du Sénégal disposent d’environ 79 ambulances et de 74 engins d’incendie pour tout le territoire national, alors qu’ils assurent plus de 54 000 interventions par an », a-t-il rappelé.
Il a estimé que le coût des 76 véhicules aurait pu permettre d’acquérir des centaines d’ambulances médicalisées ou de camions de pompiers modernes, posant ainsi la question centrale :
« Entre le luxe d’en haut et les urgences d’en bas, l’État choisit qui ? »
Le CECAR a également critiqué l’argument de la “dignité du parlementaire”, rappelant qu’un mandat électif est avant tout une charge et non un privilège.
« La dignité d’un élu se mesure à son exemplarité, sa sobriété et son engagement au service de l’intérêt général », a insisté M. Diouf.
Face à ce qu’il qualifie de dérive, le Cercle des Cadres de la République des Valeurs exige :
la publication intégrale des lignes budgétaires concernées,
la transparence sur le contrat, le fournisseur, les prix unitaires et les modalités de paiement,
un audit indépendant couvrant le vote budgétaire, la passation et l’exécution du marché,
ainsi qu’une clarification des responsabilités politiques et administratives.
« L’affaire des véhicules n’est pas un détail. Elle est un révélateur. Quand l’institution chargée de représenter le peuple perd en crédibilité, c’est la démocratie elle-même qui vacille », a conclu Mouhamadou Lamine Diouf.
Le CECAR affirme enfin que la République des Valeurs ne se taira pas, se disant déterminé à rester « la sentinelle d’un peuple fatigué de payer les factures du luxe politique », rappelant que « au-dessus des privilèges, il y a le Sénégal ».
