Rendre à l’enseignant sa place dans la société sénégalaise (Cissé Kane NDAO)

Dakarmidi – Il n’y a pas job plus avilissant qu’être enseignant au Sénégal.
Ceux dont la haute autorité et la solennité de la stature devraient en toutes circonstances se manifester à travers le prestige rattaché à la fonction enseignante sont les premiers à lui manquer de respect, et à ne lui accorder aucunement la considération qui sied.
Si bien que les institutions de ce pays sont toutes chahutées par certains citoyens qui apprennent la défiance insolente qui caractérise leurs rapports avec l’autorité dès leurs premiers pas à l’école.

L’enseignant est méprisé par la société. Voilà un homme relégué au dernier rang de la catégorie des masses laborieuses de ce pays et que l’on condamne à vivre comme un grand adolescent n’ayant d’autres besoins que ceux à peine supérieurs aux enfants qu’on lui a confiés. Cette infantilisation pousse certaines hautes autorités à manifester à leur endroit une contrariété irrépressible dès qu’il s’agit d’évoquer leurs conditions de vie et de travail, comme si elles trouvaient qu’on a trop fait pour eux. Et que leur insistance est de mauvais aloi.

D’où la nervosité méprisante de la majorité d’entre elles qui trouvent impertinentes leurs revendications sans cesse rabâchées, et plus en colère contre eux justement du fait de cette insistance, plutôt que par rapport à la légitimité de leur lutte.
Le manque de considération qu’on accorde aux enseignants et le peu d’interêt des populations qui ne les soutiennent pas sont pourtant fortement préjudiciables au pays tout entier. Notre Ministère de tutelle s’appelle Ministère de l’Éducation.
Les enseignants sont chargés de cette lourde tâche.
Simplement l’école n’est pas coupée de notre société. Elle en est le reflet. Et la partie intégrante.

Nos enfants vivent à côté de leurs enseignants entièrement dépouillés du prestige de leurs fonctions et vivotant dans des conditions pitoyables.
Ils ne sont pas considérés comme des modèles par les élèves. Ni comme des exemples de réussite. Dès lors leur autorité est remise en cause déjà bien avant l’école.
Et c’est à travers leurs rapports avec leurs enseignants que désormais les enfants commencent leur apprentissage de l’insolence, de profanation de l’autorité et de défiance envers toute figure incarnant un pouvoir quelconque.

En ravalant ainsi l’enseignant au rang de paria social, l’autorité déchire son propre voile de protection et se rend un bien mauvais service, car l’Éducation est un droit pour tout citoyen que le Président de la République doit lui assurer. L’enseignant commis à cette fonction par ses soins remplit accomplit ce devoir. L’enseignant est donc, de fait, le représentant du Président de la République dans sa classe, au sein de son école.

Les citoyens sénéglais et le premier d’entre eux le savent-ils seulement ?
Réhabilitons l’enseignant. Donnons-lui ce qu’il mérite.
Sans éducation pas d’avenir. « Education is the key » chantait Lucky Dube.
Sans Éducation en effet, pas de savoir, pas de savoir-faire et donc pas de savoir-être !
Cissé Kane NDAO

Président A.DÉ.R Diplômé de Sciences PO E MBA

Management public territorial Master 2

professionnel Gestion de projet GAR et Pilotage du changement