Dakarmidi – Il y a des retours qui ne surprennent pas. Ils s’imposent.
Celui de Mouhammadou Makhtar Cissé au ministère de l’Intérieur en est un. On ne confie pas deux fois les clés de la maison commune à un homme par hasard. La première fois, c’était un pari sur l’homme d’État. Aujourd’hui, c’est la confirmation de l’homme de devoir.
Charismatique, oui. Mais d’un charisme qui ne crie pas. Celui des hommes qui écoutent avant de trancher, qui pèsent chaque mot parce qu’ils savent le poids de chaque décision. Intelligent, sans conteste. Une intelligence lucide, qui refuse les raccourcis et préfère la géométrie des solutions durables à l’éclat des effets d’annonce.
Résilient. Le mot le poursuit, et il le mérite. Dans les tempêtes institutionnelles, dans les dossiers qui brûlent les doigts, il a toujours tenu. Pas par obstination, mais par conviction. La conviction que l’État se sert avec droiture, que l’intérêt général n’est pas négociable, que la République tient debout quand ses serviteurs refusent de plier.
Le ministère de l’Intérieur n’est pas un ministère comme les autres. C’est le ministère des nerfs de la nation : sécurité, territoires, élections, cohésion. C’est là qu’on mesure un homme d’État. Non à l’éclat de ses discours, mais à la solidité de ses arbitrages.
Makhtar Cissé revient donc, non pour recommencer, mais pour achever. Achever l’œuvre de stabilité qu’il avait engagée. Avec la même exigence, la même discrétion, la même hauteur.
Dans les deux chroniques que je lui avais consacrées, je l’avais déjà écrit : les hommes comme lui ne font pas de bruit, ils font État. Leur signature n’est pas dans les titres, elle est dans les équilibres qu’ils préservent quand tout vacille.
Son retour n’est pas une nomination de plus. C’est un rappel à l’ordre républicain. En temps de turbulences, on fait appel à ceux qui ont déjà prouvé qu’ils savaient tenir la barre. Le pays attend, l’histoire observe. Et l’homme d’État s’avance.
Doyen Majib Sène
