Dakarmidi – Dans le paysage médiatique sénégalais, il y a des voix qui passent et des voix qui restent. Celle d’El Hadji Assane Gueye appartient à la seconde catégorie. Directeur de la RFM, animateur de la « Revue de Presse » et de « Yoon Wi », il s’est imposé comme une boussole dans un « landerneau » souvent agité. Tout commence à Thiès, au lycée Malick Sy. Bac en poche, il rejoint l’UCAD et décroche une licence d’anglais. Attiré très tôt par le journalisme, il débute à Dunya FM en 1996, passe par Walf FM, avant d’atterrir à la RFM où il gravit les échelons jusqu’à en devenir le directeur. Un parcours sans raccourci, bâti sur la patience et le travail. La particularité d’Assane Gueye, c’est son franc-parler. Sans flagornerie aucune, sans candeur naïve, sans impétuosité. On l’a encore vu lors du récent point de presse au Palais de la République avec le président Bassirou Diomaye Faye. Il questionne sans tabou, mais jamais dans l’invective. Il recadre avec fermeté, mais toujours avec « kersa ». Cette rigueur puise dans une éducation de base irréprochable et dans les valeurs intrinsèques de son terroir d’appartenance. Son wolof est « consommable », sa diction agréable, son rythme juste.
Il n’a pas eu besoin de renier Thiès pour conquérir Dakar. Au contraire : le « jom », le « ngor », le sens de la mesure qui caractérisent son éducation transparaissent dans chaque intervention. À cela s’ajoute une incandescence intellectuelle rare. Licence d’anglais, culture générale solide, capacité à naviguer entre l’actualité, l’histoire et les textes sacrés. Quand il anime, il éclaire. Quand il interroge le président Diomaye Faye au Palais sur le PASTEF ou sur l’éligibilité de Sonko, il oblige à la clarté et élève le débat. Preuve que même au sommet de l’État, on reconnaît sa probité. Dans un Sénégal où l’info va vite, où le débat dérive parfois vers l’invective, El Hadji Assane Gueye rappelle une évidence : le journalisme est un sacerdoce. Il faut de la compétence, oui. Mais aussi de l’ancrage, de l’éthique et du courage. Chaque matin, quand sa voix réveille Dakar, ce n’est pas seulement une revue de presse que les Sénégalais écoutent.
C’est une leçon de rigueur. Et par les temps qui courent, c’est précieux. Demain, les micros changeront peut-être de mains, les plateaux d’animateurs, mais une chose demeure : la parole juste finit toujours par faire autorité. Et celle d’Assane Gueye, trempée dans la droiture, résonnera longtemps après que les polémiques se seront tues.
Doyen Majib Sène
