QuesTekki 69: « Monsieur Amadou Ba, l’émergence n’est pas un dîner de gala » (Mamadou Lamine Diallo)

Dakarmidi – Le commentaire « Tekki 69 » de Mamadou Lamine Diallo du mardi 21 novembre, relate les dossiers relatifs aux ressources Naturelles et aussi la situation économique du Sénégal. Le leader du mouvement « Tekki » comme dans ses sorties prétendantes, s’attaque une fois de plus à la gestion de la richesse naturelle du Sénégal.

Dossier Ressources Naturelles : Le pétrole et la compétition Amérique Chine
Les ressources naturelles africaines constituent un enjeu mondial de la compétition économique entre les Etats-Unis et la Chine. Les Etats-Unis pour leur part ont depuis la fin des années 90 décrété que la Chine était leur principal compétiteur. Le vote du FCPA (Loi sur les pratiques de corruption incluant l’étranger ») par le pouvoir législatif américain rentre dans ce cadre. Face à la défaillance de nos systèmes judiciaires, le système américain sera de plus en plus sollicité par les peuples africains et leurs élites citoyennes. Le Collectif pour la transparence dans la gouvernance du pétrole au Sénégal a déjà saisi la justice américaine dans l’affaire Petrotim et Timis Corporation.

Il est difficilement acceptable que nos jeunes courageux préfèrent affronter l’enfer libyen au risque d’être pris en otage par des gangs mafieux et vendus à des criminels alors que les ressources naturelles bien gérées dans un système de gouvernance démocratique leur permettraient de vivre convenablement à côté de leurs parents.
En tout état de cause, ce n’est pas de l’arrogance que d’affirmer que sans un capital social fort (de bonnes institutions légitimes), la malédiction des matières premières est inévitable. Les « sachants » de la galaxie Faye Sall ne doivent pas l’ignorer. Nous suivons de très près l’affaire de notre collègue Gadio.

Dossier Nouveau : Monsieur Amadou Ba, l’émergence n’est pas un dîner de gala, et sans patriotisme économique, point d’industrialisation du Sénégal !

M. Amadou Ba soutient que tout va bien dans l’économie sénégalaise parce que le FMI approuve ce qui se fait et les bailleurs de fonds se précipitent pour nous aider. Il nous promet des chiffres sur la croissance en juin 2018 après avoir décidé de changer la base de calcul fixée désormais en 2014, année de son arrivée au pouvoir économique.

Pourtant depuis le programme de stabilisation piloté par Mamoudou Touré en 1979, le Sénégal a toujours été un bon élève du FMI. Et, selon ses propres chiffres près de 600 000 familles (ménages) vivent dans l’extrême pauvreté du Sénégal avec moins 4 à 5000 francs par jour. Les jeunes valeureux de ces familles sont prêts à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe à tout prix en passant par l’enfer libyen parce qu’il y en a pas d’emplois, ni dans le secteur moderne, ni dans le secteur informel.

En vérité, le Sénégal particulièrement est victime de la politique de désindustrialisation :
La Sonacos est par terre. La Banque vient de saisir ses immeubles de Bel air ;
Le PAD est à genoux, Necotrans à qui le régime a confié le terminal vraquier est en faillite ;
La Poste est lourdement endettée auprès de l’Etat et doit être restructurée sur injonction du FMI ;
La Compagnie sucrière est asphyxiée volontairement au profit de quelques importateurs. C’est la ville de Richard Toll qui est menacée ;
Les ICS bradées à Indorama ne profitent qu’aux indiens et au Directeur Général ;
La SAR est dans l’incertitude et a besoin d’investissements à court terme pour une unité de désulfuration et un nouveau pipeline ; une catastrophe environnementale est à éviter à Pikine ;
Les cimenteries ne peuvent pas embaucher à cause de l’incertitude fiscale.
Dans ces conditions, que peut bien faire un jeune qui a tout perdu dans l’incendie du Parc Lambaye ?