Déclaration – Dr Babacar Diop et le FDS lancent « And dog bummi gacce » (briser les chaines de la servitude)

Dakarmidi – Le moment est venu pour le vaillant peuple sénégalais de monter au créneau pour arrêter la dictature odieuse en cours dans notre pays. La dignité étant au cœur de cette présente lutte, nous avons l’obligation de défendre la démocratie au prix de nos vies. Nous voici rassemblés par le devoir et par l’amour, les enfants volontaires du Sénégal que nous aimons tous, déterminés jusqu’au bout à porter ce noble combat. C’est entre nos mains qu’est l’avenir de notre démocratie.

Les institutions qui nous gouvernent sont corrompues et ont perdu toute légitimé. Elles ne mettent plus en avant la justice et la vertu. Elles transmettent l’injustice, le vice et la violence. Elles salissent les consciences de tous les démocrates sincères. Quand la violence vient des institutions destinées à défendre l’intégrité de tous les citoyens, c’est parce qu’on est déjà dans la décadence politique. Comme disait Thomas Jefferson dans la Déclaration d’indépendance des États-Unis en 1776 : « Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir leurs droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés ». Au Sénégal, l’Assemblée nationale ne nous représente plus. La Justice n’est plus rendue au nom du peuple ; elle est l’ombre d’elle-même car  obéissant aux injonctions incessantes de Macky Sall qui met en prison qui il veut au gré de ses humeurs. Le Procureur de la république représente la volonté de son maître et se soucie très peu du droit du citoyen. Et bien au-delà, l’État foule au pied les décisions des tribunaux. En témoigne la décision de la Cour de justice de la CEDEAO qui a ordonné la libération du détenu politique Khalifa Sall. Les citoyens subissent une insécurité totale. L’arbitraire est devenu gouvernement au Sénégal.

Nous devons opposer à la violence de Macky Sall, la dignité humaine et la noblesse de la justice. La liberté est la première valeur de l’humain, tout comme la justice est la première vertu dans la vie sociale. Lorsque les institutions sont corrompues, lorsque les tribunaux n’offrent plus de garantie à des procès équitables, lorsque des citoyens continuent de subir systématiquement et manifestement des injustices répétées et flagrantes, lorsque ceux à qui le peuple a confié le pouvoir politique utilisent l’appareil coercitif de l’État pour piétiner leurs droits fondamentaux, la désobéissance et la défiance deviennent le dernier rempart pour sauvegarder la liberté et la dignité humaines. Les citoyens ont le devoir de se révolter pour recouvrer leur dignité. Nous avons l’obligation morale de résister à l’oppression. Nous devons sortir la patrie des ténèbres.

LES FAITS SONT GRAVES !         

Notre appartenons à un grand mouvement d’indignation  qui se révolte devant les menaces sérieuses et graves qui pèsent sur  le Sénégal. Le régime dictatorial de Macky Sall refuse de restituer à des millions de Sénégalais leurs cartes nationales d’identité. Il sélectionne dangereusement, frauduleusement, arbitrairement et injustement ceux à qui  son pouvoir livre ces cartes. Ainsi, le régime empêche des millions de Sénégalais de participer à la vie politique nationale en leur refusant le droit fondamental de vote prescrit par la Constitution. Le pouvoir actuel procède à cette discrimination flagrante parce qu’il suspecte que plusieurs votants ne donneront plus leur suffrage à Macky Sall. Des villes entières sont exclues du jeu démocratique, parce qu’on les accuse d’être favorables à l’opposition. Finalement, on peut se poser la question légitime : dans quel pays sommes-nous ? Même la Gambie sous le règne de l’ancien dictateur Yaya Jammeh, n’était pas tombée si bas. Ce qui s’est passé à Touba, où le régime en place a saboté les élections législatives du 30 juillet 2017, est une violation flagrante des droits fondamentaux des citoyens qui vivent dans cette ville. Le déroulement chaotique du scrutin à Dakar est une honte pour tout citoyen épris de justice et de  démocratie. NOUS SUBISSONS UNE DICTATURE PERMANENTE.

Macky Sall veut instaurer une démocratie sans adversaires. Les prétendants sérieux à sa succession sont progressivement et systématiquement embastillés, emprisonnés ou exilés. Il a mis un système odieux avec la complicité de certains magistrats qui lui permettent d’éliminer peu à peu ses adversaires politiques. Ceci ressemble à bien des égards à l’histoire du Pharaon qui avait demandé à ses soldats de tuer tous les enfants de sexe masculin de peur d’être remplacé au pouvoir par l’un d’entre eux. Khalifa Sall croupit en prison pour avoir commis le crime de nourrir des ambitions pour le Sénégal. Pendant ce temps les criminels économiques qui soutiennent la corruption du gouvernement sont protégés et promus à de hautes responsabilités dans l’administration publique. L’exil politique forcé a été imposé à Karim Wade parce qu’étant devenu un adversaire dangereux.

Désormais, dans ce pays, une seule personne possède le droit absolu de prétendre à la magistrature suprême, sans qu’une procédure judiciaire ne s’y mêle. Cette personne au pouvoir absolu étant Macky Sall, le seul pas supplémentaire à franchir est de l’inscrire dans la Constitution ! Mais, nous citoyens du Sénégal, qui comptons sauvegarder tous nos droits, refusons de tomber dans la servitude.

Nous organiserons la résistance dans les rues, sur la toile et dans les places publiques. Nous voulons des millions de volontaires pour engager une révolution citoyenne et démocratique. 

ICI ET MAINTENANT

Dans les royaumes anciens de la Sénégambie, le peuple, après avoir mis fin au « gouvernement désordonné, arbitraire et fantaisiste » d’un prince tyrannique, célébrait sa victoire par ces paroles : askan wi dogna bummi gacce yi  (le peuple a brisé les chaines de la servitude). C’est au regard de cette longue tradition de lutte et de liberté de notre peuple que nous lançons AND DOG BUMMI GACCE (Ensemble pour briser les chaines de la servitude) afin de rester fidèle à ce précieux legs hérité de nos ancêtres.  Il se veut un front de lutte qui a pour objectif de freiner les dérives autoritaires et tyranniques de Macky Sall. Il se veut une plateforme politique pour la défense de la dignité et de la démocratie menacées dans notre pays. En somme, AND DOG BUMMI GACCE est né pour porter les revendications  démocratiques suivantes :

  • La restitution compète des cartes nationales d’identité bloquées par le pouvoir avec la complicité de l’administration publique;
  • La démission sans délai du ministre de l’intérieur Aly Ngouille Ndiaye et l’organisation des élections par un organe indépendant et équidistant des partis politiques;
  • La dissolution de la Commission électorale nationale autonome (Cena) suivie de la mise en place d’une Haute autorité de régulation de la démocratie chargée d’organiser les élections ;
  • La dissolution du Conseil constitutionnel sous sa forme actuelle, une institution inutile et partisane dans ses prises de décision ;
  • La libération de tous les prisonniers politiques et le retour au Sénégal des exilés politiques ;
  • La validation de toutes candidatures déclarées à l’élection présidentielle sans aucune restriction ;
  • Une enquête sérieuse sur la mort de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène ;
  • La transparence dans la gestion du pétrole et du gaz ;
  • La fourniture en quantité suffisante de l’eau et de l’électricité aux populations ;
  • Le renforcement des moyens alloués à la santé et l’éducation pour permettre à tous les Sénégalais de se soigner et d’envoyer leurs enfants à l’école.

Nous appelons tous les démocrates et toutes les forces vives qui luttent pour le changement à rejoindre la nouvelle plateforme pour prendre en charge ICI ET MAINTENAT ces demandes démocratiques et sociales. Nous invitons Macky Sall et son pouvoir à revenir à la raison pour sauvegarder la stabilité du pays. Dans ce combat de la dignité humaine, nous en appelons souverainement à l’arbitrage du peuple sénégalais.

SÉNÉGAL, DEBOUT !

Nous sommes convaincus qu’un seul individu, même s’il concentre entre ses mains toutes les forces de la terre, ne pourra transformer le Sénégal en une dictature. Ainsi, nous appelons le peuple si longtemps abusé, trompé, frustré et garrotté ; nous appelons notre jeunesse à rejoindre par centaines, par milliers et par millions le front AND DOG BUMMI GACCE. Nous lui demandons d’occuper les rues, la toile et toutes les places publiques, pour défendre leur dignité et leur démocratie. Seule l’audace de notre jeunesse pourra sauver la démocratie. Nous sommes convaincus que par la synergie des forces vives, le peuple ouvrira, par tous les moyens, les prisons et les frontières, non seulement pour libérer tous les otages politiques, mais aussi  pour permettre le retour au pays des exilés politiques ! Sénégal, debout !  L’audace seule permet l’espérance.

Jadis dans la Rome antique, lorsque la république sombra dans la violence aveugle et la dictature monstrueuse des tyrans, Brutus, un illustre défenseur de la liberté et de la dignité humaines se leva courageusement pour appeler à la révolution : « J’en veux à mes [concitoyens] de Rome ; s’ils sont asservis, c’est de leur faute, plus que celle de leurs tyrans, puisqu’ils acceptent de voir se dérouler sous leurs yeux des scènes dont ils ne devraient même pas supporter le récit ».

Nous allumons, ici et maintenant, le foyer d’une insurrection citoyenne, démocratique, patriotique et populaire. Nous voulons illuminer le pays des rayons de la justice, de l’égalité et de la liberté. Nous voulons que la démocratie croisse au fond du Sénégal comme un arbre éternel ! Chers compatriotes, plus que jamais, l’heure de la révolution a sonné contre la tyrannie !

AUCUNE LIBERTÉ N’EST GRATUITE !

 

VIVE LA RÉVOLUTION !

Fait à Dakar le 01 août 2018