Le football africain est-il encore un sport ou est-il devenu le théâtre d’une domination institutionnelle implacable ?
Le huitième de finale de la CAN entre le Maroc et la Tanzanie, ce dimanche 4 janvier, ne restera pas dans les mémoires pour la qualité du jeu, mais pour ce qu’il révèle des nouveaux rapports de force sur le continent. Au-delà du score, c’est la « Géopolitique du Sifflet » qui a triomphé.
L’Arbitrage comme Miroir du Hard Power.
La victoire marocaine (1-0), scellée par un silence assourdissant de la VAR sur une faute flagrante en fin de match, n’est pas un simple « aléa du sport ». Dans un monde darwinien, la règle ne s’applique jamais de la même manière au lion et à la gazelle.
L’équipe du Royaume chérifien n’est pas seulement une grande nation de football ; c’est, sous l’impulsion de Fouzi Lekjaa, une puissance structurelle qui a pris le contrôle des leviers de la CAF. Quand vous possédez les meilleures infrastructures du continent, que vous financez des dizaines de fédérations sœurs et que vous siégez au budget de votre propre État, votre influence pèse sur chaque décision.
L’arbitre n’a pas besoin d’être « ACHETÉ » ; il est instinctivement conscient du poids politique de celui qu’il siffle.
La Tanzanie: Le Sacrifice de la Petite Nation.
Le cri de détresse de la Tanzanie est celui de toutes les nations qui croient encore à l’équité des textes. Mais comme le disait Alain Pellet à propos du droit international, les règles »aboient mais ne mordent pas » lorsqu’elles font face à un géant.
La Tanzanie a découvert à ses dépens que sur le terrain, comme en diplomatie, l’absence de réseau est une sentence de mort.
Face au Maroc, la Tanzanie ne luttait pas seulement contre onze joueurs, mais contre un système. Le silence de la VAR (tenue, ironie du sort, par des arbitres issus de nations alliées au projet marocain) illustre cette « souveraineté par l’influence. »
Le Maroc a rendu sa victoire inéluctable bien avant le coup d’envoi, en devenant le centre de gravité institutionnel du football africain.
Leçon de Réalisme pour l’Afrique.
Cette polémique est une leçon de Realpolitik pour tous les observateurs. Elle nous dit que :
La neutralité est une fiction : Les instances sportives sont des chambres d’enregistrement des rapports de force régionaux.
1-Le réseau est la base : Gagner exige de dominer les coulisses autant que la pelouse. Fouzi Lekjaa l’a compris : il a transformé le football en un outil de diplomatie totale.
2-Le Soft Power est un combat : Organiser la CAN et le Mondial impose de gagner, quel qu’en soit le prix médiatique.
3- Le Soft Power est un combat : Organiser la CAN et le Mondial impose de gagner, quel qu’en soit le prix médiatique.
A RETENIR.
Le score de 1-0 est désormais inscrit dans le marbre. La Tanzanie peut protester, le monde peut s’indigner, mais le Maroc avance. Cette CAN nous rappelle une vérité universelle :
Dans cette jungle prédatrice des nations, le sifflet appartient à celui qui tient le manche. Pour ne plus subir « l’injustice », il ne suffit pas de bien jouer ; il faut, comme le Maroc, construire une puissance capable de faire trembler le sifflet avant même qu’il ne soit porté à la bouche.
Avec toute ma gratitude et ma reconnaissance.
Dr. Mohamed Diallo
