L’horreur a frappé une famille de Sicap Mbao dans la nuit du jeudi au vendredi. Inquiet de ne pas voir rentrer sa fille de 14 ans après la rupture du jeûne, un père s’est lancé à sa recherche. C’est vers une heure du matin, guidé par un voisinage alerté, qu’il a forcé la porte d’un appartement au deuxième étage d’un immeuble. La scène qui s’est offerte à lui restera à jamais gravée comme un cauchemar : sa fillette était victime d’un viol collectif.
D’un courage inouï, le père et un accompagnant ont réussi à maîtriser deux des agresseurs présents. Les huit autres complices ont pris la fuite. Traduits devant la police, les deux suspects interpellés sur le fait ont rapidement reconnu les violences sexuelles, de même que la plupart des huit autres individus arrêtés par la suite.
Si les examens médicaux confirment les sévices subis par l’adolescente (présence de spermatozoïdes et déchirure ancienne de l’hymen), le malaise est profond. Devant les enquêteurs, les mis en cause tentent de se défendre en affirmant que la jeune fille aurait elle-même proposé des rapports non protégés, une version que la loi sénégalaise, qui interdit formellement tout rapport sexuel avec un mineur de moins de 16 ans, balaie d’un revers de main.
Placés en garde à vue, les dix individus répondront des lourds chefs d’accusation d’enlèvement, séquestration et viol sur mineure. Une affaire sordide qui soulève une fois de plus la question de la protection de l’enfance.
