Sheikh Alassane Sène rend hommage à Mouhamed, ce jeune américain disciple de Cheikh Al Islam, sauvagement agressé et mort des suites de graves blessures

À toi qui liras et partageras ce poème écrit sur le meilleur des hommes Tā-Hā (psl), que le Seigneur vienne à ton secours et te trempe à jamais dans la Lumière de l’ultime Envoyé, clé de voûte de l’humanité, Aba Za’ra (psl).
Je le dédie aussi à Mouhamed, ce jeune américain disciple de Cheikh Al Islam, sauvagement agressé et mort des suites de graves blessures. Plaise à Dieu qu’il soit élevé dans ses hauts et sublimes paradis.
-Jumma Mubarak-

HĀ-MĪM, LE PARACLET (psl)

À la croisée des cyclones,
Vertige aux hommes en tourbillon,
Enveloppés par les grains de sable
Qui sifflent dans leurs oreilles,
Mamelles fécondes des vents en bretelles,
Qui meublent leurs orteils, leurs chevilles,
Leurs yeux et leurs cheveux,

Le temps verni de feu s’illustre
Le socle de la science sur la piste sacrée,
Sa face hissée aux espaces célestes
Lui pour qui tout a été divinement planifié.
Tā-Hā nom préféré par Khalil Jebran,
Imam Al Ghazali, et le maître de Tanta,
Ahmad Al Badawi

Les vents du désert ont fait jaillir
Leur sensation, encastré leur colère,
La naissance de l’homme
Le plus merveilleux de l’univers,
Et de tous les temps
Avait été leur signe libérateur,
Ombre nocturne apparente
Leur joie et leur envolée
Dans les espaces intermédiaires,
Ont transcendé les chagrins et les larmes
Au-delà du lexique des données codifiées.

Heureux soient ces démiurges
Assis à même le sol,
Soldant leurs comptes, escomptant un grade
Vers le Divin ils cherchent à aller,
Le refuge au parvis en luxuriance
Aux espaces teints en fragrances
Et aux faces si noblement sublimes
Qui ont illuminé le sourire
De la grande Rabia Al Adawiyya
Et injecté à son indexe
L’art de la prose mystique

Mon coeur a jugé nécessaire de sceller
L’amour qui sillonne veines et vertèbres,
Mes larmes devenues encre
Servant à peigner cette sensation si rare
Qui a tendrement caressé mon corps,
En ces merveilleux instants d’hiver
Me privant le sommeil en ses repères
Aurai-je même besoin de dormir
Avec toute cette parure d’amour
Qui couve ma chair de dorure,
Hors des rives peintes de bavures.

Mon coeur est devenu un aimant
Qui attire tout amour,
En provenance des essences de Tā-Hā (psl)
Qui font vivre mes sphères
Et dont les saveurs sont indescriptibles.

Ni naissance, ni rang, ni sang
Ne sauraient être des freins pour te louer,
Toi la terre des honneurs et des valeurs.

Je ne vois aucune barrière devant moi
Qui pourraient m’empêcher
De pénétrer l’amour par lequel
Tu dorlotes l’univers et allaite ses mystères

Le soleil à la production de ses rayons
Rend moins bleu les nuages
Et moins timide leur marche
Il ne saurait altérer ma plume
Ni mes pas dédiés à toi,
Le meilleur des inspirateurs

Je t’ai chanté à maintes reprises,
Sous différents élans, sous différents airs
Et sous différents angles,
Avec une inspiration que j’ai puisée
De tes terres ductiles si fertiles,
Mais loin de moi l’idée d’avoir conquis
Le mystère de l’éloge avec lequel
Les anoblis de Ma’wa,
Entre autres Bamba,
Ont majestueusement peint ta noblesse
À nulle autre pareille

Me voici sentant mon âme te chanter
Elle, qui est légère dans cette prédisposition.
Tu es mon unique rempart, ô Tā-Hā (psl)
La force qui évacue toutes nos faiblesses.

À Dieu la puissance absolue
Qui a placé ta lumière aux embouchures,
Embouchures qu’il a lui-même,
De par son ingéniosité,
Créées, sondées et domptées

Tu es l’excellence à juste titre,
Et la précellence à noblesse infinie.

Ô vous, hommes des terres,
Si vous étiez des scruteurs
Je vous laisserai questionner mon coeur
Il ne vous mentira point
Il ne vous répondra guère non plus
Car ses battements s’en chargeront
À chacun de leurs souffles,
Ils révèleront une souche sur laquelle
Est peint un des sublimes noms
Du Saint Illustre (psl)

Celui qui a le pouvoir
De questionner mon coeur
Ne peut être en réalité
Qu’en charge de son intendance

Je n’ai pas été écouter un prêcheur
Pour croire en ta grandeur
Ni pour tomber fou amoureux de toi

Je n’ai pas besoin de lire « Çalu qalbi »
Du prince des poètes, Ahmed Shawqi
Interprété par Oum Kalthoum,
Ou « Khamsé » de Nizami,
Ou encore le grand Fuzūli
Pour comprendre qu’il fallait que je te chante.
Car toi seul, ô Hā-Mīm (psl)
A le haut mérite d’être louangé

Seul Dieu mon sublime créateur
Connaît les closes et les causes
Qui ont déclenché cet amour si puissant
Qui sommeillait en moi que je te voue,
Et qui fait que je vois la beauté
Même dans la laideur et le bien partout

Cette flamme ne s’éteindra jamais
Car elle propulse la chair
Vers ses terres de repos,
L’âme sur sa piste à l’heure
de son ultime voyage céleste,
Déconnectée du corps
Et reconnectée aux prises
Des espaces intermédiaires
En attendant une prochaine mission
Par la volonté du Noble Créateur,
Qui, à Lui seul, détient ses hauts mystères

Ni pensées, ni même rêves
Ne peuvent reconstituer mon amour pour toi,
En feuilles d’or éparpillées dans mon corps

Face à la rivière
Je vois ton sourire illuminer mon regard,
Ta face réveiller ma muse,
Je ne vois plus cette eau
Si douce, si calme, en face de moi,
Mais ton beau visage égayer mes temps

J’ai senti la saveur de l’amour
Quand je l’ai enlacé
Et qu’il m’ait conduit à toi, ô Tā-Hā (psl)

La folie que j’ai puisée de cet amour
À toi dédié et que j’ai épousée,
M’a guéri de la folie que je sentais
Dans les parades de l’amour

En cette veillée nocturne,
Mes yeux sont devenus ma langue,
Ils parlent au nom de l’amour,
Ils s’enflamment et brillent pour toi
Leur évasion n’est point une fuite,
Mais une extinction en ta lumière
Qui absorbe tout sur son passage

Ma chair ne cherche plus
Une autre nourriture
Car elle est rassasiée
Grâce à celle qu’elle consomme
Et qui émane de ta noble lumière

Tu ne tournes jamais le dos
À celui qui t’offre son coeur,
Même s’il est épinglé par la nature,
Ni n’offenses le pire ennemi
Aussi virulent qu’il puisse se comporter

J’ai humé l’odeur du vent,
De celle des ruisseaux,
De celle du nid d’oiseau
Jouxtant la toile d’araignée,
Et partout j’ai senti ton odeur si exquise,
Ta chaleur et ta lumière orienter mon odorat

Debout errant entre ces montagnes,
Des voix résonnent de loin,
Affluent les hirondelles,
Massées tout le long des carrières
À perte de vue leur quantité
Elles déclament ces vers
Écrits par ces vers de terre en conclave

Les brassières des rosiers se dispersent
Puis forment d’autres enclises
Amnistie du coeur, les chœurs s’évadent
Danse de la pensée telle immortelle
Aux allées brodées de dentelles

Jouvence du temps,
La lumière est apparue
Toute proche des cygnes
Terre en providence, science en évidence

Le feu qui s’est ravivé dans mon coeur
Survole les mystères des terres lointaines
Frontières des épreuves qui ont endurci
Les mendiants aux portes du Divin

Je revis comme un soleil à sa toilette
L’ardeur qui suinte de ta belle histoire
La laideur des actes de tes ennemis
Et la grandeur de la dimension de ton pardon

Mon coeur n’a cessé de battre
Au rythme du temps divin
Remuant d’un couteau tranchant
Ces mets aux essences diverses.

L’univers loin de ses revers
A dévoilé ton sourire, ta sublimité,
Ton courage et ta miséricorde
Ta patience et ton endurance
Hautes qualités du Noble Créateur

Les images qui défilent devant moi
Sont des muscs qui ne cessent de m’enivrer
Je suis conquis par leur beauté
À mille étincelles qui sèvrent le cœur
De toute passion et qui isolent la raison.

L’amour pur est un désert où
Poussent des roses arrosées par
Le sifflement des grains de sable

Tu vis dans ma chair, dans mes pensées
Je te vois partout, tu es éternel
je te sens partout, trempé dans l’Eternel
Les terres d’Alexandrie ressentent encore
Les secousses que ta noble lumière
A peintes sur leurs cloisons et leurs gazons,
De ton vert estampillé Miséricorde

Au carrefour de mon coeur et de mon esprit
Valse un sentiment des plus nobles
Qui sillonne mes artères.
Maodo décrypta le secret du grand amour
Que le Seigneur t’a manifesté

Le vent remplissait ma mémoire
De beaux souvenirs et
Mon amour pour toi emplissait
Mon cœur de trésor.
Jamais je n’ai pensé m’éloigner
De cet amour que je te voue
Qui fond dans mes veines
Comme de la cire au soleil

J’entends de loin le vent gémir
Et les roseraies respirer le nectar
Toi dans mes rêves, toi dans mes souvenirs
Toi dans mes trêves, clé de mon avenir

L’audience que l’amour m’a accordé
Dans son palais a procuré à mon coeur
Un bonheur qui m’a éloigné de tout malheur

Me suis-je même rendu compte
Du temps des lourdes épreuves
Qui ont fait naître ces belles œuvres
Mon coeur enfin, baigne dans les eaux
Du meilleur des hommes!
Quel merveilleux homme! Ô Tā-Hā (psl)!
À toi, et à toi seul, ces odes sont adressées ….

Shasty