Reprise des cours : “L’enseignement privé méprisé”, selon Ismaïla Kamara

La reprise des cours pour les classes d’examens, fixée au 02 Juin suscite beaucoup d’inquiétude. Si les écoles publiques affichent une certaine sérénité, leurs sœurs du privé laïc et catholique se sentent méprisées, isolées.

L’enseignement privé est écœuré, à la limite de la nausée. Le gouvernement affiche le dilatoire et la discrimination dans l’octroi du matériel de protection : 1 poubelle en guise de lave-main, 1 thermo-flash, 3 gel et en moyenne 50 masques par établissement privé laïc.

Enfants de la nation sénégalaise…

Le nettoyage systématique des salles de classes rencontre un niet catégorique de la part des Maires. Les élèves de l’enseignement public constituent-ils les seuls à devoir profiter des moyens de ce pays ? De nos impôts ? Nos élèves du privé laïc comme du privé catholique sont aussi des enfants de la NATION SENEGALAISE, ils jouissent des mêmes droits.

Ressources financières…

En outre, les enseignants sont sans salaires depuis 3 mois et les écoles sans ressources financières. Imaginons un seul instant, des enseignants du public spoliés d’une seule mensualité… Le fond de résilience, une ingéniosité du Président de la République, destiné aux écoles privées restent encore hypothétique et les propos dilatoires du Ministre de l’Education ne rassurent point. Le partage est loin d’être équitable.

Attitude injuste…

La balance penche nettement au bénéfice du public. Ce partage léonin ne se justifie point car en termes de rendement c’est comme comparer Goliath à Hercule. L’efficience au privé est supérieure à 150% sans fausse modestie. Alors quelle explication serait à l’origine de cette attitude injuste, inqualifiable et discriminatoire.

Charges accumulées…

Les parents d’élèves, malgré cette situation, s’évertuent à mettre leurs enfants dans de bonnes conditions, refusant de les envoyer à l’abattoir. Les enseignants et le personnel administratif du privé qui ploient sous des charges accumulées, obéré, continuent de souffrir stoïquement, refusant de baisser les bras et, en combattants engagés, en preux chevaliers sans peur et sans reproche, retournent au combat la tête haute.

Conditions de travail…

C’est l’occasion de saluer avec déférence ces enseignants qui méritent les médailles et les honneurs de la Nation. Ces conditions de travail les stimulent plus qu’elles ne les découragent. Le gouvernement en général et le Ministre de l’éducation en particulier doivent avoir froid au dos. Non, nous ne pleurnichons point, mais demandons aux autorités de faire preuve de diligence dans l’octroi de la subvention issue du fonds de résilience.

* Doyen Ismaïla KAMARA
cmoussacamara11@gmail.com