Toute victoire est belle, tout particulièrement celle qui vous qualifie avec le statut de premier de votre poule. Nous le souhaitions vivement : rester à Tanger afin de préserver notre fraîcheur physique et morale. Rendons grâce à Dieu.
L’équipe sénégalaise que j’ai vue aujourd’hui dispose encore de marges de progression importantes, liées à la richesse de son effectif et au fait que plusieurs joueurs peuvent encore nous offrir davantage, et mieux.
Certains ont clairement montré qu’ils sont pleinement dans la course pour intégrer durablement le onze national : El Hadj Malick Diouf, Chérif Ndiaye, Habib Diarra, Ibrahima Mbaye, Habib Diallo, et Abdoulaye Seck, auteur d’une entrée convaincante, solide défensivement et couronnée, cerise sur le gâteau, par un joli but libérateur.
En ce qui concerne le milieu de terrain, le triplet (Gana Gueye, Habib Diarra et Pathé Ciss) me semble capable d’ériger un véritable mur, tout en assurant une maîtrise du jeu et une connexion fluide avec l’attaque, grâce à des relances bien orchestrées.
En attaque, le jeune Chérif Ndiaye s’impose comme une option à considérer très sérieusement. Sa puissance physique lui permet d’user les défenses, d’ouvrir des brèches et d’offrir des solutions constantes, aussi bien dans le jeu direct que dans les transitions. Son efficacité, déjà perceptible malgré un temps de jeu limité, renforce cette conviction. En effet, il a disputé cinq matchs, avec un temps de jeu très réduit, et a néanmoins inscrit trois buts.
Ibrahima Mbaye, en dépit de son âge, constitue une force remarquable de traction. Il joue avec personnalité et sans complexe. Les génies, par définition, peuvent abréger les étapes. Souvenons-nous du roi Pelé, qui a ébloui le monde sportif lors de la Coupe du monde de 1958, à l’âge de 18 ans, avant de livrer une partition demeurée à jamais gravée dans nos annales.Ce gosse n’est pas dans une pépinière, il est à libérer avec de ferventes prières !
Gana reste impérial : précis, intelligent dans le jeu, rassurant dans son positionnement.
Quant à Sadio Mané, il est le patron incontesté de cette équipe.
Quelle audace ! Quelle vision du jeu ! Quelle rage de vaincre !
Ce joueur est tout simplement exceptionnel, le meilleur joueur sénégalais de tous les temps.
Pour la défense, les latéraux ont joué juste, avec discipline et sobriété. Je suis particulièrement satisfait de voir El Hadj Malick Diouf faire taire les critiques relatives à sa capacité défensive. Abdoulaye Seck s’est montré très présent et appliqué. En revanche, il est regrettable de voir Koulibaly s’emporter et écoper d’un carton rouge, un fait de jeu préjudiciable dans un match qui appelait davantage de maîtrise émotionnelle.
Pour ce qui est du gardien Mendy, il donne par moments l’impression d’être un véritable magicien, tant ses arrêts relèvent de l’extraordinaire et sortent des normes habituelles.
Cette équipe doit toutefois encore progresser sur plusieurs plans essentiels :
1-Sortir plus rapidement le ballon : le nombre de joueurs mobilisés pour quitter notre zone défensive reste excessif.
2-Accélérer davantage le jeu, afin d’imprimer un rythme plus soutenu et de déséquilibrer l’adversaire.
3-Densifier le milieu de terrain, afin d’assurer un meilleur contrôle du jeu et une plus grande sécurité dans les transitions.
4-Être plus concentré dans le but, afin d’éviter toute baisse d’attention préjudiciable dans les moments clés.
5-Opérer les changements avec un timing plus approprié, en offrant aux entrants un temps de jeu suffisant pour s’exprimer sans précipitation ni pression excessive à vouloir immédiatement prouver.
Au total, cette victoire doit être considérée non comme un aboutissement, mais comme un socle solide sur lequel bâtir, match après match, une ambition plus affirmée.
Félicitations aux joueurs, à l’entraîneur, à l’encadrement technique et administratif, ainsi qu’au peuple du Sénégal.
La longue marche continue !
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