À l’approche des grandes compétitions, la question du onze de départ alimente inévitablement les débats. Chacun y va de sa préférence, de son intuition ou de ses certitudes. Pourtant, derrière ces discussions passionnées se cache une réalité objective, souvent méconnue.
En optant pour un schéma classique en 1-4-3-3, et en tenant compte de l’effectif actuellement disponible, le sélectionneur dispose d’un champ de choix exceptionnel. Trois gardiens sont en concurrence pour un seul poste. En défense, douze joueurs peuvent prétendre à quatre places. Le milieu de terrain compte six candidats pour trois positions, tandis que l’attaque propose dix options pour trois postes offensifs.
Traduit en termes simples, cela représente 3 possibilités au poste de gardien, 495 en défense, 20 au milieu de terrain et 120 en attaque. En combinant ces différentes options, on obtient un total de 3 564 000 compositions possibles pour un onze de départ.
Ce raisonnement, fondé sur une analyse combinatoire élémentaire, permet de mesurer la richesse de l’effectif à la disposition de Pape Thiaw. Il montre aussi l’ampleur de la responsabilité qui pèse sur le sélectionneur. Car disposer d’un large éventail de possibilités est à la fois une chance et une contrainte : chaque choix implique nécessairement des renoncements.
Bien entendu, le football ne se joue pas sur le papier ni à la calculatrice. La forme du moment, l’état physique, l’équilibre collectif, la complémentarité des profils, l’expérience des grands rendez-vous et la lecture de l’adversaire restent déterminants. Les chiffres éclairent le débat, mais ils ne sauraient remplacer l’expertise du terrain.
Face à un tel éventail de possibilités, je me refuse à choisir à la place du coach. Ce choix relève pleinement de sa responsabilité, de son intuition et de sa connaissance intime de son groupe. Au final, une seule composition sera alignée, non pas parce qu’elle est mathématiquement la meilleure, mais parce qu’elle aura été jugée, à un instant donné, la plus juste.
Dr. Papa Abdoulaye Seck
