L’Article 82 de la CAF : Pourquoi il ne peut pas annuler le titre.
Il est vrai que l’article 82 du Code disciplinaire de la CAF stipule que si une équipe refuse de continuer le match ou quitte le terrain, elle est considérée comme ayant abandonné.
Le fait salvateur:
L’équipe du Sénégal est revenue sur la pelouse. juridiquement, le retour sur le terrain change tout. Comme le précisent des experts en droit du sport, si le retour n’efface pas la faute comportementale (qui peut mener à une amende), il empêche la sanction maximale du forfait (3-0) car le match est allé à son terme réglementaire.
Qu’en est – il de l’issue du match ?
Le match a été homologué par le coup de sifflet final de l’arbitre et la remise du trophée.
Revenir sur un résultat après une cérémonie officielle est une procédure quasi inexistante dans l’histoire moderne du football, sauf en cas de dopage massif ou de corruption avérée. Ce qui n’a pas été évoqué par la Fédération Royale de football dans son communiqué. Il est plutôt évoqué l’argument moral. Cette prétention est discutable aussi.
Le rôle crucial de l’arbitre (Loi 5 de l’IFAB).
Il est tout à fait important de retenir que l’article 82 s’applique de manière fatale, l’arbitre aurait dû mettre fin définitivement à la rencontre au moment du retrait des joueurs. Cela n’a pas été le cas sauf à me démontrer le contraire au regard de la trame factuelle de cette situation.
Or, il en ressort de l’analyse des faits, l’arbitre a autorisé la reprise. En reprenant le jeu, l’arbitre a validé la continuité du match.
La FIFA précise d’ailleurs que les décisions prises par l’arbitre sur le terrain sont finales (Art. 9 du Code FIFA). Si l’arbitre a jugé que le match pouvait se poursuivre et se terminer, le résultat sportif prime.
La CAF peut-elle » REPRENDRE » la Coupe ?
L’idée suivant laquelle, le trophée peut être repris est tout simplement un « FANTASME, UNE MONSTRUOSITE JURIDIQUE ».
Une fois le match terminé et le trophée remis, la » VERITE DU TERRAIN » est protégée par le principe de la stabilité des compétitions.
Les sanctions prévues pour ce type d’incidents (retrait temporaire) sont des sanctions intermédiaires :
Amendes lourdes pour la fédération, ou suspensions de matches pour le sélectionneur P. -Thiaw qui aurait ordonné le retrait. Retrait motivé par les incongruités arbitrales visibles, à moins de faire fi des évidences.
La présence des joueurs : Le fait que certains joueurs soient restés sur le terrain ou à proximité montre qu’il n’y avait pas d’intention unanime et définitive d’abandonner la compétition, mais une protestation liée à la sécurité et à l’intégrité du match menacée par ce qu’on a vu.
De la sécurité et de l’intégrité défaillante du match, motif légitime et juridiquement tenable.
Le Sénégal est en droit d’invoquer l’article 16 du Règlement de la CAN : l’organisateur (le Maroc) est responsable de la sécurité.
Si le Sénégal a quitté le terrain, c’est aussi suite à l’agressivité des stadiers.
Juridiquement, on ne peut pas sanctionner une équipe qui se protège d’une faillite sécuritaire de l’hôte, des défaillances flagrantes des errements arbitraux, à moins que les logiques de réseaux d’influences prédominent.
Pour conclure et les lectrices et lecteurs de votre audience,
le Maroc peut crier au loup et saisir toutes les instances, mais le droit du sport privilégie toujours le résultat acquis sur le terrain quand le match est allé à son terme.
Le Sénégal paierait peut-être une amende pour le » SPECTACLE » de la protestation, mais les médailles restent à Dakar. 🇸🇳
Ce fut un réel plaisir d’apporter cet éclairage juridique. En restant unis derrière les règles et la vérité, nous protégeons l’avenir de notre sport.
Avec toute ma gratitude et ma reconnaissance.
Dr. Mohamed Diallo
