Dakarmidi – L’annonce est tombée et elle sonne comme une évidence. La République vient chercher un de ses esprits les plus lucides pour la garde des sceaux. Pas un homme de slogans. Un homme de substance.
Je l’avais souligné dans une précédente chronique et je le confirme aujourd’hui : Moussa Sarr possède cette fécondité rare de l’esprit. Il ne subit pas les dossiers, il les fertilise. Chaque débat devient plus net avec lui. Chaque question gagne en profondeur et en sens.
Sa force tient à la pertinence de ses jugements. Il tranche sans brutalité. Il décide sans vaciller. À la tête du ministère de la Justice, c’est exactement ce dont la balance a besoin. Dans un temps où l’on crie beaucoup pour ne rien dire, il parle peu pour dire l’essentiel. Et cela force le respect, même chez ceux qui ne partagent pas ses convictions.
Doté d’une incandescence intellectuelle admirable, il éclaire sans éblouir. Sa pensée est un projecteur, pas un feu d’artifice. Elle réchauffe sans consumer.
Ministre de la Justice aujourd’hui, il demeure ce qu’il a toujours été : un devoir. Un devoir avec un cœur battant à gauche, fatalement. Non par calcul, par fidélité. Fidélité aux invisibles, aux oubliés, à ceux qui attendent encore que l’État tienne ses promesses et que la loi protège les plus faibles.
Sa nomination à la garde des sceaux est plus qu’un changement de bureau. C’est un signal fort adressé au pays. Un lit d’espérance dressé au cœur du pouvoir. L’espérance que l’exigence peut gouverner. Que la droiture a sa place. Que l’intelligence peut enfin servir le bien commun et la justice.
Le costume change. L’homme, non. Et pour la nation, c’est une bonne nouvelle. Le chantier est immense, mais si l’espoir a besoin d’architectes, nous venons d’en nommer un à la Justice.
Doyen Majib Sène
