Dakarmidi – Il y a des hommes qui n’entrent pas dans une fonction, ils entrent dans une mission. Ahmadou Al Aminou Lo fait partie de ceux-là. Éduqué dans les plus belles valeurs de son terroir d’appartenance, il porte en lui cette exigence que les familles du Sénégal d’honneur inculquent dès l’enfance : l’honneur et la dignité ne se négocient pas, on les vit. Le prytanée militaire de Saint-Louis n’a fait que sceller ce socle, en lui donnant la discipline et le sens du service qui ne quittent plus un homme. Puis vinrent les chiffres. Mais chez lui, les chiffres ne sont jamais froids. De 2018 à 2023, à la direction nationale de la BCEAO, il a gravi tous les échelons jusqu’au secrétariat général, maniant la politique monétaire avec la précision d’un horloger et la vision d’un stratège.
Quand il défend le Franc CFA, ce n’est pas par réflexe : c’est parce qu’il en connaît les mécanismes, l’équilibre externe, la fonction réelle dans l’économie de la zone. Il pense avant d’agir, et il agit en toute connaissance de cause. C’est ce pragmatisme qui lui a ouvert les portes du gouvernement. Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, puis chargé du pilotage de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, il a imposé un style sobre, technique, tourné vers le résultat. On l’a entendu plaider pour un plan social juste, pas pour ménager les postures corporatistes, mais pour ramener l’économie à sa juste proportion. On l’a vu proposer les « Patriotes bonds » et « Civisme bonds » avec la conviction que le développement commence quand un peuple choisit de financer son propre avenir.
Aujourd’hui Premier ministre, il incarne cette double incandescence intellectuelle et spirituelle. Intellectuelle, parce qu’il voit les rouages là où d’autres voient le chaos. Spirituelle, parce qu’il rappelle sans cesse que l’économie n’a de sens que si elle sert l’homme, sa souveraineté, sa fierté de produire ce qu’il mange et de bâtir ce qu’il habite. Le Sénégal tel qu’il est aujourd’hui porte le visage d’un pays coincé dans des difficultés réelles : dette, emploi, souveraineté alimentaire, tensions sociales. Mais rien de tout cela n’est insurmontable, parce que ce pays tient debout grâce à la grande capacité de ses filles et de ses fils. Des gens toujours debout, jamais couchés. Dans ce creuset, des profils comme le sien prennent tout leur sens. Un serviteur de l’État formé à l’école de l’exigence, ancré dans le réel, capable de traduire l’espoir en chiffres et les chiffres en actes concrets.
Il n’est pas l’homme des coups d’éclat éphémères. Il est l’homme des fondations, celui qui bâtit dans l’ombre les structures qui tiendront quand le bruit se sera tu. Peut-être est-ce ça, l’espoir en 2026 : voir arriver au bon endroit un homme qui n’a jamais quitté le bon chemin.
Doyen Majib Sène

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