Dakarmidi – S’il y a dans le landerneau politique sénégalais un nom que personne n’oubliera pas, c’est bien celui de Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal de 1960 à 1980. Premier noir agrégé en grammaire, il fut présenté aux populations sénégalaises dans les années 1940 par Maître Lamine Gueye.
D’une intelligence phénoménale et d’un charisme débordant, il créa son propre parti politique dénommé Bloc Démocratique Sénégalais (BDS). Les masses paysannes adhérèrent massivement à cette nouvelle entité politique et lui firent gagner toutes les élections auxquelles il prit part.
Le Sénégal acquit son indépendance en 1960 et connut un épisode malheureux dans son aventure fédérative avec la Fédération du Mali. Après la dislocation de la fédération, le Sénégal édifia sa propre République dirigée par Senghor. Son tandem avec le président du conseil Mamadou Dia ne dura que le temps d’une rose, marqué par un conflit politique qui aboutit à l’arrestation de Mamadou Dia en 1962.
Senghor aura réussi à mettre en place une administration performante épaulée par le critère de la méthode et de l’organisation, doctrine qui lui était chère. Il a également mis en œuvre une politique de développement économique et social, notamment à travers la création de la Société nationale d’études et de promotion industrielle (SONEPI) et de la Société sénégalaise de développement et de promotion industrielle (SSDPI).
Malgré les difficultés inhérentes à la situation économique de l’époque, le président Senghor, en véritable génie politique, réussit à maintenir debout l’État du Sénégal fier de la qualité de ses filles et fils fortement sensibilisés sur la notion d’État et République.
Senghor mit davantage l’accent sur la culture qu’il théorisa comme au début et à la fin de tout développement. Le Festival Mondial des Arts Nègres qu’il organisa en 1966, sonna le réveil des Sénégalais qui prirent conscience de leurs valeurs culturelles et de leur propension à célébrer partout leur identité mais aussi et surtout, leur commun vouloir de vie commune.
Le président Senghor donnait beaucoup d’importance à la poésie dont il était un orfèvre incontournable. Son humanisme de bon aloi, son incandescence intellectuelle et spirituelle et sa posture d’homme d’État engagé dans toutes les batailles qui honorent le genre humain, en avaient fait un homme ouvert aux alizés des vents fécondants.
Né le 9 octobre 1906 à Joal au Sénégal, il fut rappelé à Dieu le 20 décembre 2001 à Verson en France et enterré aux cimetières catholiques de Bel-Air de Dakar. Il aura réussi à perfectionner l’identité des Sénégalais à partir de la Négritude qu’il savait si bien théoriser.
Nous garderons toujours en mémoire la vie et l’œuvre de cet homme emblématique dont les souvenirs resteront toujours gravés dans nos mémoires collectives.
Doyen Majib Sène
