Dakarmidi – Il est heureux de constater que le landerneau médiatique sénégalais s’élargit chaque jour. Des femmes et des hommes sont attirés vers ce métier par des voix devenues célèbres, à l’image d’Alassane Samba Diop et de tant d’autres qui font aujourd’hui référence. Dans ce noble métier, les jeunes ne manquent pas de repères. Ces figures, souvent célébrées pour leur incandescence intellectuelle et leur professionnalisme, ont fait de ces deux exigences les adjuvants naturels de leur notoriété.
Alassane Samba Diop incarne cette école. Diplômé du CESTI, 25ᵉ promotion, Directeur d’iRadio et visage d’iTV, il ne laisse rien au hasard. Chaque mot est calibré, chaque question est ciselée. Sa diction, reconnue par toute la profession, n’est pas un don mais le fruit d’un travail rigoureux. Une heure d’antenne représente des heures de préparation. Il ne confond pas l’instantané avec l’improvisation. Sa marque reste la même : transformer l’interview en un rendez-vous où l’information prend toute sa noblesse. Pas d’effet de manche, pas d’interruption pour briller. Juste une écoute active, une relance précise, et ce regard qui rassure l’invité autant qu’il cadre le débat.
Son flair, c’est de comprendre que le journalisme ne se joue pas que dans l’urgence. Avec _La vie est un temps de parole_, il ne signe pas un best-of. Il pose un acte de transmission en retranscrivant ses échanges avec Hamidou Dia, Ibrahima Sow et Mouhamadou Mbodj, trois voix majeures disparues. Il a senti qu’une partie des conversations citoyennes risquait de se perdre. Son intuition : voir la valeur patrimoniale d’un entretien radio, comprendre qu’archiver une voix, c’est armer les générations futures. Il ne chasse pas le buzz du jour. Il capte le signal faible qui fera l’histoire de demain.
Ceux qui l’ont côtoyé le disent : il ne néglige pas ses reporters et aime conseiller les jeunes. Alassane Samba Diop n’a pas choisi ce métier pour la lumière. Il l’a choisi par foi dans sa fonction sociale. Fervent talibé Tidiane, il ne fait de mal à personne et n’indexe personne. Sa motivation n’est pas l’ego, c’est le sens. Donner une information juste. Poser la question qui élève le débat. Former, même indirectement, ceux qui viendront après lui. Son livre ne parle pas de lui. Il parle pour ceux dont il veut préserver la parole.
Dans un écosystème où le clash fait des vues et où la nuance passe pour de la faiblesse, Alassane Samba Diop fait le pari de la constance. Son professionnalisme rassure. Son flair éclaire. Ses motivations inspirent. Être une référence, c’est peut-être cela : rappeler que le journalisme n’est pas un sprint d’ego, mais un relais de conscience.
Doyen Majib Sène
