Contribution : Un livre d’histoire qui trahit l’histoire …. (Par Papa Ibrahima Diassé)

Dakarmidi- Ça saigne de partout, la douleur prend de l’ampleur et la plaie se creuse davantage! Quelqu’un a remué l’histoire du Sénégal avec une mauvaise pelle. Qui a fait monter l’adrénaline? Qui a bien pu s’introduire en cachette dans la pièce secrète de notre plus riche patrimoine pour souiller ses objets et profaner ses plus mystérieux symboles?
Que se passe t-il dans mon pays? Le savoir a t-il déménagé? Où ont bien pu aller l’honnêteté et le respect? Ces vertus intellectuelles cardinales.

Et pourtant tout roulait dans l’ordre normal des choses jusqu’à ce jour où, on décida d’aller fouiller hors des limites des pages de l’histoire réelles pour compiler dans une collection dite de l’Histoire Générale du Sénégal, des faits puisés dont on ne sait d’où sur la partie en question.

Et en faisant un tel travail, une bourde manifeste s’est glissée à la page 186 du Volume 1/A du Tome III de la série d’ouvrages. Elle dénature l’esprit de ce travail intellectuel, et dès lors, le prétendu livre d’histoire trahit l’histoire; celle-ci, se voulant obéissante et soumise aux faits inchangés et éternels. Ils sont sacrés…!

Dignes jusqu’au bout, soufis jusqu’au dernier souffle de leur existence dont chaque jour est un feuillet éloquent du parcours de l’Islam ; El Hadj Malick Sy et El Hadj Abdoulaye Niass sont au même titre, deux généraux de la Tarikha Tidiane qui se sont sacrifiés pour nous léguer un héritage parfait, intouchable et irrévocable, individuellement comme collectivement, pour notre survie.

Ils ont en effet bravé le soleil, défié la nuit, combattu la maladie, secoué la peur et porté le savoir afin que le drapeau de l’Islam soit solidement accroché au sommet des montagnes mais aussi et surtout installé fièrement dans les profondeurs des cœurs.

Ils ont su chacun à travers ses théories,
allumer les lumières intenses de la connaissance, illuminer les âmes et illustrer leur élégance intellectuelle par le moyen de rapports cordiaux et mémorables. Dans le même sillage, ils ont défendu la paix et la concorde en insufflant les fondamentaux d’une fraternité sans limite entre leur descendance et entre leurs disciples, unis autour d’une idéologie commune.

Pour tout cela, ces patriarches ne méritaient pas d’être réveillés si subitement de leur paisible « sommeil » à travers une aussi grotesque erreur qui remit en cause leur entente réciproque d’antan, aujourd’hui gage de l’estime mutuelle, de leurs familles respectives que rien ne peut altérer.

Pire encore, la bourde monumentale forme un point noir sur la mémoire du peuple, souillée sans raison dans la plus grande légèreté intellectuelle. Elle heurte malheureusement notre conscience collective!

Or point de cicatrice dans le legs de ces deux sommités, mais que d’épopées glorieuses et de faits bénis calqués sur la Sunna du Prophète (PSL) et d’actes de noblesse tirés du Saint Coran pour nous baliser ce chemin qui garantit une vie de grâce éternelle.

Ils sont deux monuments incontestables et incontournables de la Tidianya, qui avaient réussi dans un respect partagé, fondé sur l’humilité, à créer un axe stratégique qui donnait plus de contenu, de notoriété et de prestige à la voie Tidiane.

Chacun d’eux constituait en lui seul une école complète, riche en savoir mystique et spirituel. Il ne pouvait y avoir qu’échange et complémentarité entre ces deux saints, devant une seule haute hiérarchie, Dieu!

Chacun ayant reçu son attestation de digne représentant d’Aboul Abass (rta) au Sénégal et au-delà, dans toute l’Afrique. C’est l’histoire elle-même qui est honorée de devoir compter sur ces deux exégètes du savoir caché, reconnus qui ont marqué leur époque et les générations d’après.

Laissons alors cette histoire s’écrire d’elle-même dans la fidélité des faits et leur sacralité, leur authenticité chronologique et aussi le respect de l’honorabilité de ses vaillants acteurs. Le rôle de chacun fut déterminant et la somme des résultats de tous, capitale. Etant donné que les écrits parlent quand l’homme se tait, il faut bien écrire car ce qui est écrit l’est déjà!

Par conséquent, il faut ôter cette partie sombre et litigieuse des livres ne serait-ce que pour leur donner une fiabilité et faciliter leur acceptation par les sénégalais pour qui, il est écrit avant tout et ensuite permettre aux autres de découvrir la richesse et la diversité religieuse de notre pays. Les pistes déjà dégagées, ne méritent pas d’être embrouillées de la sorte pour les générations à venir….

Papa Ibrahima Diassé

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