Le football est parfois injuste avec les attaquants : ils sont jugés sur quelques gestes, rarement sur l’ensemble de leur apport au jeu.
Après Sadio Mané ou encore Nicolas Jackson, beaucoup de critiques sont, aujourd’hui, formulées à l’endroit de Chérif Ndiaye.
C’est presque une constante dans le football moderne : les attaquants vivent sous le regard exigeant du public. Pourtant, nul joueur n’est totalement exempt de reproches. L’essentiel reste donc de chercher à tirer le meilleur de chaque talent et de comprendre que le football, sport collectif par excellence, repose avant tout sur la complémentarité et la générosité dans l’effort.
Pour avoir observé ce garçon, je constate que, malgré un temps de jeu encore relativement limité en sélection nationale, il présente déjà un bilan honorable, marqué par plusieurs réalisations et une contribution offensive appréciable.
Rapportée à sa présence sur le terrain, son efficacité demeure respectable. Elle révèle les qualités d’un attaquant capable de peser sur une rencontre lorsque les conditions tactiques lui sont favorables.
Chérif Ndiaye possède un excellent gabarit et une intelligence de jeu appréciable, aussi bien sur le plan tactique que stratégique. Sa capacité à attaquer la profondeur, fixer les défenseurs et libérer des espaces pour ses partenaires constitue l’une de ses principales forces.
Sur des passes en profondeur ou des centres tendus dans l’axe du point de penalty, ce type d’attaquant devient particulièrement difficile à contenir, surtout lorsqu’il attaque l’espace situé entre les deux défenseurs centraux.
Dans certaines rencontres où l’algèbre tactique bat son plein, il peut même constituer la botte secrète du Sénégal.
Sa contribution défensive mérite également d’être soulignée : par son pressing sur les premières relances, sa capacité à fermer les lignes de passe et à orienter le jeu adverse, il participe au premier rideau défensif et à l’équilibre tactique de l’équipe.
À ce titre, il mérite nos encouragements et notre confiance. Car le football n’est pas seulement une affaire de talent individuel immédiat: il est aussi une mécanique collective où chaque profil trouve progressivement sa place. C’est dans ce type d’équilibre que naissent les grandes équipes.
Dans le football, la patience précède souvent l’évidence.
Et peut-être, demain, l’heure de Chérif Ndiaye sonnera davantage encore, pour le plus grand bonheur des Lions de la Téranga et de tous les amoureux du ballon rond.
