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Actualité au Sénégal

Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil adressent une lettre ouverte au président Bassirou Diomaye Faye

Samba DioufBy Samba Diouf29 décembre 2025Aucun commentaire6 Mins Read
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Lettre ouverte au Président de la République
Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye
Président de la République du Sénégal
Monsieur le Président de la République,
Nous vous écrivons en citoyens profondément attachés au Sénégal, en anciens représentants du peuple conscients de la gravité du moment que traverse notre pays, et en observateurs engagés d’une République qui cherche encore son souffle après une alternance porteuse d’immenses espoirs.
Cette lettre n’est ni une mise en accusation ni un procès d’intention. Elle est le prolongement naturel de nos différentes prises de parole publiques au cours de l’année 2025, qui avaient toutes un même fil conducteur : alerter, questionner et appeler à la responsabilité, dans un contexte national marqué par des tensions multiples et persistantes.
Monsieur le Président,
Le climat judiciaire actuel interpelle profondément. Jamais la parole publique n’a semblé aussi exposée à la suspicion, à la procédure et à la sanction. Des citoyens sont convoqués, poursuivis ou inquiétés pour des opinions, parfois maladroites, souvent critiques, mais fondamentalement politiques. Cette situation installe insidieusement l’idée que la justice pourrait devenir un outil de régulation du débat public. Or, une démocratie ne s’étiole jamais brusquement ; elle s’affaiblit lorsque la peur remplace la contradiction et lorsque le silence devient un refuge.
Vous avez engagé les Assises de la justice, présentées comme un moment historique de refondation. Elles ont suscité beaucoup d’attentes, notamment parmi les professionnels du droit et les citoyens en quête d’une justice plus accessible, plus indépendante et plus équitable. Pourtant, le temps passe et aucune traduction législative majeure ne vient donner corps à ces espoirs. Le sentiment d’un rendez-vous manqué commence à s’installer, fragilisant la crédibilité même de l’exercice.
Dans le même esprit, le dialogue politique conduit sous votre leadership devait ouvrir une nouvelle séquence de concertation nationale. Aujourd’hui, il apparaît enlisé, sans cap clairement identifié, sans dynamique visible. Dans un pays aussi sensible aux équilibres politiques et sociaux que le Sénégal, le silence et l’immobilisme sont souvent plus dangereux que le débat ouvert.
Sur le plan économique, la réalité quotidienne est rude. Le pays traverse un marasme profond, perceptible dans les entreprises, les marchés et les foyers. Le secteur du BTP, jadis moteur de croissance et d’emplois, est aujourd’hui exsangue. Les chantiers se figent, les entreprises ferment, les licenciements se multiplient. Derrière les chiffres, ce sont des milliers de familles qui basculent dans l’incertitude.
Les investissements directs étrangers, eux aussi, peinent à revenir, freinés par un climat d’attentisme, un manque de visibilité et une confiance encore ébranlée. Dans ce contexte, le Programme de Relance Économique et Sociale (PRES), censé redonner de l’oxygène à l’économie, s’est surtout traduit dans la vie des ménages par une pression fiscale accrue. Les taxes et impôts s’accumulent, pendant que les revenus stagnent ou diminuent.
Nous tenons néanmoins à reconnaître les baisses récentes des prix des hydrocarbures et de certaines denrées de première nécessité. Ces décisions vont dans le bon sens et répondent à une préoccupation réelle des populations. Mais elles arrivent à un moment où le pouvoir d’achat des Sénégalais est déjà profondément érodé. Pour beaucoup, ces ajustements ne suffisent plus à compenser les sacrifices consentis depuis des mois.
La situation sociale est d’autant plus préoccupante que le chômage des jeunes atteint des niveaux alarmants, aggravé par des vagues de licenciements qui touchent désormais plusieurs secteurs clés. Le sentiment d’abandon gagne une jeunesse qui peine à se projeter, et dont l’énergie, faute de perspectives, risque de se transformer en frustration durable.
Et c’est précisément dans ce contexte qu’il faut regarder avec lucidité le rôle du secteur informel. Il ne s’agit pas d’un détail de l’économie : c’est, pour une large partie de nos concitoyens, la première source de revenus, et parfois la seule. Ce secteur fait vivre des familles entières, et il repose largement sur l’effort quotidien des femmes et des jeunes, qui, à défaut d’un emploi formel, créent leur propre activité, vendent, transportent, transforment, se débrouillent avec courage et dignité.
Nous comprenons et saluons la volonté des autorités d’assainir l’espace public, d’améliorer la mobilité urbaine, de lutter contre l’occupation anarchique, notamment dans certains marchés et zones à forte congestion. Mais cette politique d’assainissement ne peut réussir durablement si elle est perçue comme une politique de punition plutôt que d’organisation.
Or, le déguerpissement des marchands ambulants a souvent été conduit sans mesures d’accompagnement à la hauteur des pertes subies : pas de recasement fonctionnel immédiatement opérationnel, pas de dispositif transitoire de compensation, pas d’accès facilité au microcrédit ou à une formalisation progressive, pas de parcours d’insertion réaliste. Résultat : des citoyens et des citoyennes, déjà fragiles, ont vu disparaître en quelques heures leur petit capital, leur marchandise, leur clientèle, donc leur revenu quotidien — celui qui paie le repas du soir, le transport, les ordonnances, la scolarité. Assainir l’espace public ne doit pas signifier assécher la survie économique des plus modestes.
Le monde rural, lui aussi, traverse une épreuve sévère. La campagne arachidière 2024–2025 a été marquée par une mévente historique, plongeant de nombreux producteurs dans la détresse. Là encore, le sentiment dominant est celui d’un abandon silencieux, alors que l’agriculture demeure un pilier de la stabilité sociale et économique du pays.
Enfin, Monsieur le Président, la question de la dette publique continue de planer comme une ombre sur l’avenir économique du Sénégal. L’épisode de la dette dite « cachée » a durablement affecté la crédibilité financière du pays, avec des répercussions sur tous les secteurs. L’absence de visibilité claire sur un accord structurant avec les partenaires financiers, notamment le Fond Monétaire Internationale, entretient une incertitude qui paralyse l’investissement et fragilise la planification nationale.
Monsieur le Président de la République,
Le Sénégal est à un moment charnière. L’espoir né de l’alternance reste vivant, mais il s’effrite à mesure que les attentes tardent à se concrétiser et que la crise institutionnelle entre votre Premier Ministre et vous pollue l’atmosphère. Gouverner, c’est décider, mais c’est aussi rassurer, expliquer et rassembler. Le pays a besoin de lisibilité, de cohérence et de signaux forts.
Cette lettre est une invitation à entendre les inquiétudes d’une partie de la Nation, non comme une hostilité, mais comme un appel à la lucidité et au sursaut républicain. Le Sénégal a toujours su se relever lorsqu’il a choisi le dialogue, la justice et la responsabilité.
Tout en vous souhaitant une bonne et heureuse année 2026, veuillez croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de notre très haute considération républicaine.

Cheikhou Oumar Sy
Théodore Chérif Monteil
Anciens députés à l’Assemblée nationale du Sénégal

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Samba Diouf
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